Procès Dalongeville: le tribunal se penche sur des voyages suspects

Gérard Dalongeville, ancien maire PS d'Hénin-Beaumont arrive, le 27 mai 2013, au tribunal de Béthune, où il est jugé pour détournement de fonds [Denis Charlet / AFP] Gérard Dalongeville, ancien maire PS d'Hénin-Beaumont arrive, le 27 mai 2013, au tribunal de Béthune, où il est jugé pour détournement de fonds [Denis Charlet / AFP]

Au 2e jour du procès pour détournements de fonds publics de l'ancien maire d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) Gérard Dalongeville, le tribunal de Béthune a examiné des déplacements en avions-taxis qui auraient donné lieu à de fausses factures signées par la mairie.

Les faits concernent une vingtaine de voyages en avion privé, réalisés entre juillet 2006 et janvier 2007, et facturés à la mairie d'Hénin-Beaumont pour un montant total supérieur à 100.000 euros.

Gérard Dalongeville a affirmé qu'il croyait à l'époque que ces trajets étaient effectués par son 1er adjoint, Claude Chopin, mandaté pour se rendre dans les Landes afin d'y revendre un centre de vacances en ruines appartenant à la mairie d'Hénin-Beaumont.

Ces voyages étaient organisés par Guy Mollet, un homme d'affaires dont le rôle exact vis-à-vis de la mairie d'Hénin-Beaumont reste flou.

A la barre, le patron de la société qui louait les avions a affirmé n'avoir jamais vu M. Dalongeville sur les vols, mais a confirmé que toutes les factures étaient signées soit par l'ancien maire, soit par son adjoint.

Problème : certains vols n'étaient pas à destination de Biarritz ou de Dax, mais du Luxembourg.

Selon M. Dalongeville, il s'agissait pour M. Chopin de blanchir l'argent tiré de contrats passés avec des entreprises de la région, au profit du Parti socialiste.

"Je continue d'affirmer que certains de ces voyages au Luxembourg avaient pour but de déposer de l'argent sur un compte en banque", a déclaré M. Dalongeville, affirmant que son adjoint avait trompé sa confiance.

"Lorsque j'ai pris l'avion, c'était à la demande de M. le maire et j'ai toujours demandé des ordres de mission", a répliqué Claude Chopin.

"C'était le 1er adjoint de mes prédécesseurs, je lui ai toujours fait toute confiance", a souligné Gérard Dalongeville, ajoutant avoir reçu le soutien de la fédération PS du Pas-de-Calais pour les municipales de 2001, à la condition de prendre M. Chopin comme 1er adjoint.

Mais alors que le procureur lui demande des "preuves" de ce système de blanchiment dont M. Chopin aurait été la clé de voûte, l'ancien maire botte en touche.

"Toute la vérité n'est pas sortie du débat. C'est encore flou", répond M. Dalongeville, qui une fois sorti de la salle d'audience, a de nouveau promis d'apporter des preuves au cours du procès qui doit durer jusqu'au 14 juin.

M. Dalongeville, 42 ans, maire d'Hénin-Beaumont de 2001 à 2009, un temps sous l'étiquette socialiste, est jugé pour 18 détournements de fonds publics, 11 délits de favoritisme, 6 usages de faux et une corruption passive. Il encourt dix ans de prison et 150.000 euros d'amende.

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