Arbitrage Tapie: l'Etat doit se porter partie civile, estime Peyrelevade

Jean Peyrelevade le 7 septembre 2008 à Fréjus [Stephane Danna / AFP/Archives] Jean Peyrelevade le 7 septembre 2008 à Fréjus [Stephane Danna / AFP/Archives]

Jean Peyrelevade, patron du Crédit Lyonnais de 1993 à 2003, a estimé mercredi que l'Etat français devait se porter partie civile dans l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais.

"L'Etat d'aujourd'hui doit essayer de compenser les fautes de l'Etat d'hier", a-t-il déclaré sur Europe 1, qualifiant de "gigantesque manipulation" l'arbitrage rendu en 2008 en faveur de Bernard Tapie dans le contentieux l'opposant au Crédit Lyonnais autour de la vente d'Adidas.

L'homme d'affaires s'était vu octroyer 403 millions d'euros, intérêts compris. L'affaire pourrait être remise en question. Deux de ses protagonistes ont été placés en garde à vue cette semaine, quelques jours après l'audition devant la Cour de Justice de la République (CJR) de l'ancienne ministre de l'Economie Christine Lagarde en fonctions en 2008.

"Je suis heureux de voir que la justice commence à se poser des questions sérieuses sur un arbitrage dont j'ai toujours dit qu'il était premièrement illégal, et deuxièmement, à mes yeux, le résultat d'une gigantesque manipulation", a poursuivi M. Peyrelevade sur Europe 1. Il considére l'affaire comme "l'un des plus gros scandales de la République".

"Ce que je vous dis ce matin, je l'ai dit de manière explicite devant la commission des finances de l'Assemblée Nationale (...): il y a dans cet arbitrage des mensonges grossiers", a-t-il poursuivi.

En ce qui concerne la responsabilité de Mme Lagarde, aujourd'hui directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), l'ancien patron du Lyonnais a fait part de son "sentiment", à savoir qu'"elle a transmis des instructions venant d'au-dessus, c'est-à-dire de Nicolas Sarkozy lui-même". Mme Lagarde a été placée sous le statut de témoin assisté dans le cadre d'une procédure pour "complicité de faux et de détournement de fonds publics" engagée devant la CJR.

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