L'affaire des "mariages chinois" pourrait rattraper le sénateur-maire de Tours

31 couples chinois originaires de la ville de Tianjin et récemment mariés dans leur pays, s'embrassent devant le maire Jean Germain  le 07 mai 2009 à Tours, après avoir confirmé leur union dans le cadre de la cinquième édition des "noces romantiques". Depuis 2007, 171 couples chinois ont célébré leur union en Touraine. AFP PHOTO/ALAIN JOCARD    A group of 31 recently married Chinese couples from the city of Tianjin kiss next to mayor Jean Germain (R) on May 7, 2009 in front [Alain Jocard / AFP/Archives] 31 couples chinois originaires de la ville de Tianjin et récemment mariés dans leur pays, s'embrassent devant le maire Jean Germain le 07 mai 2009 à Tours, après avoir confirmé leur union dans le cadre de la cinquième édition des "noces romantiques". Depuis 2007, 171 couples chinois ont célébré leur union en Touraine. AFP PHOTO/ALAIN JOCARD A group of 31 recently married Chinese couples from the city of Tianjin kiss next to mayor Jean Germain (R) on May 7, 2009 in front [Alain Jocard / AFP/Archives]

L'affaire dite des "mariages chinois", entourés de malversations présumées à Tours, pourrait rebondir mercredi avec une possible levée de l'immunité parlementaire du sénateur-maire socialiste de la ville, Jean Germain.

Le Sénat doit se prononcer mercredi sur la levée de l'immunité parlementaire de Jean Germain.

Des jeunes Chinois venaient se marier symboliquement à Tours et le maire mettait son écharpe tricolore pour célébrer les unions. Ces "Noces romantiques en Touraine", organisées entre 2007 et 2011, comprenaient différents temps forts comme la visite de la ville de Tours et de châteaux dans la région.

Mais des irrégularités, soulignées par le Canard Enchaîné en 2011, ont été soulevées. Depuis, une information judiciaire a été ouverte et quatre personnes ont été mises en examen.

Au coeur de ce dossier, Lise Han a été mise en examen le 25 janvier 2013 pour "escroquerie", "prise illégale d'intérêt", et "recel de fonds publics". Originaire de Taïwan, spécialiste de la Chine, cette femme de 50 ans avait été recrutée en 2008 au cabinet du maire. Rémunérée 3.500 euros par mois, elle avait pour mission de s'occuper des relations avec la Chine. Elle dirigeait un bureau appelé "France Chine".

Un couple chinois le 10 octobre 2008 devant la mairie de Tours [Alain Jocard / AFP]
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Un couple chinois le 10 octobre 2008 devant la mairie de Tours

Or, l'organisation des mariages chinois était pilotée par la société "Lotus Bleu" dont elle était à un moment la gérante. Elle en avait ensuite laissé la direction à son mari, Vien Loc Huynh, âgé de 53 ans. Mais la justice la soupçonne d'en avoir toujours exercé dans l'ombre la gérance. Son ancien mari, Marc Cheung, âgé de 55 ans, et son époux actuel ont été mis en examen pour "complicité d'abus de biens sociaux".

Le 6 février dernier, c'était au tour du directeur de l'office intercommunal de tourisme, Jean-François Lemarchand, d'être mis en examen. Il lui est reproché d'avoir recruté Lise Han pour un emploi fictif après le départ de cette dernière du cabinet du maire et d'avoir de ce fait détourné des fonds publics.

Trois juges d'instruction

Mme Han a été placée sous contrôle judiciaire, et contrainte de payer une caution de 70.000 euros. Elle a commencé à la verser avant d'arrêter. Elle risque maintenant la prison. Elle a aussi obligation de se signaler deux fois par mois au commissariat de Tours.

La société "Time Lotus", anciennement "Lotus Bleu", aurait perçu durant trois ans une somme d'environ 800.000 euros, payée par la ville de Tours mais aussi la communauté d'agglomération "Tours Plus". La justice conteste la régularité des contrats.

Le sénateur-maire , Jean Germain, le 7 mai 2009 à Tours au milieu de s31 couples chinois [Alain Jocard / AFP/Archives]
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Le sénateur-maire , Jean Germain, le 7 mai 2009 à Tours au milieu de s31 couples chinois

L'ex-collaboratrice du maire de Tours fait actuellement l'objet d'un licenciement par l'office intercommunal de tourisme. Le procès aura lieu devant le tribunal des Prud'hommes le 12 juin prochain. Lors d'une confrontation avec un représentant de son employeur, le 5 mars dernier, Lise Han avait déclaré à l'AFP: "Je n'ai rien à me reprocher, j'ai accompli correctement ma mission durant toutes ces années". Son avocat Maître Christophe Moysan estimait le même jour que sa cliente avait été "licenciée avec pertes et fracas".

Si Jean Germain était privé d'immunité mercredi, il pourrait alors s'expliquer sur les mariages chinois devant le juge Olivier Weisphal ou l'un des deux autres juges en charge de cette affaire.

Le marché public qui cédait l'organisation de ces mariages était conçu par la mairie de Tours et sa chargée des relations France-Chine, Lise Han, et remporté par la seule société qui y répondait, Lotus Bleu, dont Lise Han était actionnaire. Lise Han assure que le maire était au courant. Jean Germain s'en défend.

Interrogé par un correspondant de l'AFP, en marge du Congrès mondial du transport public de Genève où le constructeur français Alstom y expose le futur Tramway de Tours, Jean Germain n'a pas souhaité s'exprimer.

"Je réserve mes explications aux juges. Je n'ai jamais refusé une demande d'explication devant eux", a-t-il dit.

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