Affaire Tapie : Richard réfute avoir mis en cause Borloo

Jean-Louis Borloo le 6 mai 2013 à Paris [Bertrand Guay / AFP/Archives] Jean-Louis Borloo le 6 mai 2013 à Paris [Bertrand Guay / AFP/Archives]

Le PDG d'Orange Stéphane Richard a réfuté jeudi avoir mis en cause Jean-Louis Borloo dans l'affaire Tapie/Adidas, pointant en revanche la responsabilité d'une autre personnalité dans le recours à un arbitrage très controversé.

"Je n'ai jamais dit publiquement que c'était M. Borloo qui avait décidé de l'arbitrage, on essaye de dresser les uns contre les autres et créer une polémique", a déclaré à l'AFP M. Richard, ex-directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo puis de Christine Lagarde à Bercy.

M. Borloo avait démenti un peu plus tôt des propos prêtés à son ancien chef de cabinet selon lesquels, lors de son séjour d'un mois à Bercy en mai 2007, il aurait orienté vers le choix d'une procédure d'arbitrage pour régler le dossier Tapie-Adidas.

"M. Borloo ne m'a jamais dit qu'il fallait faire l'arbitrage", et il "n'est jamais intervenu dans ce dossier auprès de moi" après son départ de Bercy, a assuré M. Richard. Selon lui, "la proposition d'arbitrage est venue du président du CDR", Jean-François Rocchi.

Le CDR, consortium de réalisation, est le gérant chargé de liquider le passif du Crédit Lyonnais. Jean-François Rocchi, qui en a été président de 2007 à avril 2013, avait mis en oeuvre l'arbitrage ayant accordé 403 millions d'euros à Bernard Tapie dans son contentieux avec le Crédit Lyonnais sur le rachat d'Adidas en 1993.

Selon l'ex-chef de cabinet de M. Borloo et de Mme Lagarde, la proposition d'arbitrage a été envisagée avant l'élection présidentielle de 2007 et transmise au ministre de l'Economie de l'époque, Thierry Breton, qui avait préféré ne pas trancher avant l'élection.

Stéphane Richard le 28 mai 2013 à Paris [Eric Piermont / AFP]
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Stéphane Richard le 28 mai 2013 à Paris
 

"On a retrouvé ce dossier en 2007", après l'élection présidentielle, "M. Rocchi est venu me voir à Bercy", a précisé M. Richard. "Mon rôle a été celui d'interlocuteur. C'est le président du CDR qui a mené l'intégralité du dossier".

M. Richard était resté directeur de cabinet de Christine Lagarde quand celle-ci avait succédé en juin 2007 à M. Borloo.

La directrice du FMI a été placée sous le statut de témoin assisté dans le volet ministériel de l'enquête instruit par la Cour de Justice de la République. Parallèlement, trois juges parisiens enquêtent également sur l'arbitrage rendu en faveur de M. Tapie. Mardi soir, ils ont mis en examen l'un des trois arbitres, l'ex-haut magistrat Pierre Estoup pour escroquerie en bande organisée.

Leur enquête, ouverte contre X en septembre 2012, vise également M. Rocchi, du CDR ainsi que Bernard Scemama, ancien président de l'Etablissement public de financement et de restructuration (EPFR), l'entité contrôlant le CDR.

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