Robert Ménard, ancien de Reporters sans frontières, devient candidat FN

Le journaliste Robert Ménard, le  8 avril 2011 [Franck Fife / AFP/Archives] Le journaliste Robert Ménard, le 8 avril 2011 [Franck Fife / AFP/Archives]

Le journaliste Robert Ménard a annoncé jeudi qu'il aurait le soutien du Front national aux municipales de 2014 à Béziers, nouvelle étape d'un parcours qui l'a mené de Reporters sans frontières (RSF) au flirt avec l'extrême droite.

"Je reçois le soutien du Front national mais je n'ai rien négocié avec le FN. Le FN représente 20 à 25 % des voix, vous pensez que tous ces électeurs sont des fachos, sûrement pas", a justifié l'ancien patron de RSF sur l'antenne de France Bleu Hérault, en évoquant une candidature "apolitique".

Aucune négociation avec le FN ? Ces propos ont étonné Marine Le Pen.

"Bien sûr qu'il y a eu des discussions avec le FN, et très approfondies. On n'accorde pas l'investiture à quelqu'un comme ça, ça ne tombe pas du ciel", a affirmé à l'AFP la présidente du Front national.

"Compte tenu du poids politique du FN à Béziers (25% à la présidentielle de 2012, ndlr), la place des candidats FN ou Rassemblement Bleu Marine sur sa liste devra être significative", a prévenu Mme Le Pen, qui a précisé que la décision finale serait prise vendredi, mais a parlé d'une "candidature intéressante".

De son côté, Robert Ménard a évoqué "une liste d'union et de large union. Il y aura des gens de gauche". Lesquels ? "Chacun le dira à son tour", a-t-il répondu à l'AFP, assurant avoir autour de lui des adhérents de l'UMP.

Il a promis un projet pour "une ville plus sûre, plus propre, plus belle, où on baisse les impôts et où on se bat jour après jour contre le chômage".

La présidente du FN, Marine Le Pen, à Paris le 11 avril 2013 [Pierre Andrieu / AFP/Archives]
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La présidente du FN, Marine Le Pen, à Paris le 11 avril 2013

Connu pour son combat pour la liberté de la presse à le tête de RSF, qu'il avait quitté en 2008, le journaliste avait déjà annoncé qu'il comptait se présenter à Béziers, où il a vécu, notamment face au maire UMP sortant, Raymond Couderc, en place depuis 1995.

Depuis son départ de RSF, Robert Ménard a tenté une aventure au Qatar, un pays souvent fustigé par Marine Le Pen, en prenant la tête du Centre de Doha pour la liberté d'information. Mais, se disant "asphyxié" par le manque de liberté, il a quitté en juin 2009 cette structure fondée deux ans plutôt par RSF et la fondation du Qatar, qui est présidée par l'épouse de l'émir de cette monarchie pétrolière.

Journaliste à I-Télé, RTL, Sud Radio, il a aussi noué des contacts avec des mouvements d'extrême droite, et donne des conférences au nom de la liberté d'expression. En avril 2011, il publie "Vive Le Pen" pour dénoncer la "censure des médias bien pensants". Quelques mois plus tard, il intervient devant la fondation Polémia de l'ancien frontiste, puis mégrétiste, Jean-Yves Le Gallou.

Plus récemment, Robert Ménard est intervenu à Lyon, au local de Rebeyne, une branche du Bloc identitaire qui a lancé cet hiver une campagne d'aide aux SDF, français et européens en priorité. Il est aussi président du comité de soutien des quatre militants de Génération identitaire poursuivis pour avoir occupé le chantier de la mosquée de Poitiers fin 2012.

"On peut discuter avec les gens sans partager leur point de vue et même en les combattant", se défend-il. "Je parle avec tout le monde", insiste-t-il, en faisant valoir qu'il est récemment intervenu devant des "francs-maçons à Nîmes".

Sur le site Boulevard Voltaire, qu'il a lancé en octobre 2012, Robert Ménard prend aussi des positions proches du FN, en dénonçant notamment l'immigration. Sur I-Télé, il avait également regretté, à l'évocation d'un fait divers, "qu'il n'y ait pas la peine de mort".

Contacté par l'AFP, RSF n'a pas souhaité faire de commentaire.

De son côté, SOS Racisme "appelle" dans un communiqué "les électeurs à ne pas s'y tromper". "Accepter le soutien du Front national, c'est accepter son idéologie et le passé nauséabond de ce parti", écrit l'association antiraciste.

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