La guerre à la cigarette électronique est déclarée

Une cigarette électronique [Kenzo Tribouillard / AFP/Archives] Une cigarette électronique [Kenzo Tribouillard / AFP/Archives]

Face aux résultats décevants de la lutte anti-tabac, la ministre de la Santé a décidé vendredi de relancer la guerre contre la cigarette et déclaré la chasse à la cigarette électronique, avec son interdiction programmée dans les lieux publics.

Ces nouveaux appareils sans tabac qui imitent la cigarette et délivrent de la nicotine sous forme de vapeur, fait fureur en France parce qu'ils sont beaucoup moins chers et dangereux que le tabac.

"C'est un produit très apprécié, on estime à près d'un million le nombre de Français qui se seraient tournés vers la cigarette électronique", a expliqué la ministre de la Santé, Marisol Touraine, lors d'une conférence de presse organisée pour la Journée mondiale sans tabac.

S'appuyant sur un rapport du pneumologue Bertrand Dautzenberg, la responsable a jugé que la "e-cigarette" n'était "pas suffisamment encadrée" dans le pays alors que ses risques sanitaires à long terme étaient encore méconnus.

"Rien ne permet de justifier une interdiction générale de la cigarette électronique qui constitue un moyen pour les gros fumeurs de s'engager vers l'arrêt de la cigarette", a toutefois reconnu la ministre.

La e-cigarette peut permettre à un fumeur de se défaire de l'emprise de la cigarette mais pas forcément de l'addiction à la nicotine.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, à Paris, le 22 mai 2013 [Martin Bureau / AFP]
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La ministre de la Santé, Marisol Touraine, à Paris, le 22 mai 2013
 

"Ce n'est pas un produit banal, parce qu'elle peut inciter à entrer dans le tabac (...) et les risques à long terme de sa consommation ne sont pas établis", a expliqué Mme Touraine.

Elle a "décidé d'étendre aux cigarettes électroniques les mesures appliquées au tabac", avec une "interdiction de publicité" et une "interdiction de vente aux mineurs".

La ministre veut aussi bannir l'usage de l'appareil "qui ressemble furieusement à la cigarette", dans les lieux publics comme c'est le cas depuis février 2007 pour toutes cigarettes, cigares et pipes. Le conseil d'Etat sera consulté sur ce point.

Logo pour femmes enceintes

Concernant le vrai tabac, la ministre a décidé de relancer la guerre, partant du constat que la consommation chez les jeunes ne décline pas mais au contraire augmente (+10% en trois ans chez les jeunes de 17 ans), et que la France se classe désormais "parmi les mauvais élèves en Europe" notamment pour le nombre de femmes enceintes qui fument (17%).

La ministre veut instaurer avant l'été 2014 un logo pour avertir les femmes qui attendent un enfant, comparable à ce qui est déjà imprimé sur les étiquettes des bouteilles d'alcool.

Une personne fume une cigarette électronique [Kenzo Tribouillard / AFP/Archives]
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Une personne fume une cigarette électronique
 

En direction des jeunes, elle veut faciliter l'accès des jeunes génération aux méthodes pour arrêter le tabac et cibler ce public dans les nouvelles campagnes anti-tabac.

"Pas de remède miracle"

La ministre voudrait aussi multiplier les espaces non-fumeurs dehors, comme les abris bus ou parcs pour enfants et compte "mobiliser" les municipalités compétentes en ce domaine.

La principale fédération de la restauration , l'UMIH va d'ailleurs créer un label "terrasse non fumeurs" pour donner une solution à ceux qui veulent consommer dehors mais sans respirer la fumée de cigarettes.

Le levier prix sera également actionné pour faire baisser la consommation, avec une hausse prévue le 1er juillet de 5% des taxes sur le tabac.

 
 

Le président de l'association anti-tabac Alliance contre le tabac et député UMP Yves Bur a jugé "timides" ces mesures: "pour être efficace, il faut jouer sur tous les vecteurs en même temps, surtout en aidant les fumeurs à sortir de la dépendance".

Un fabriquant de cigarettes électroniques, Fuu, a exprimé son "incompréhension et inquiétude" face à l'interdiction des lieux publics pour les adeptes d'e-cigarettes, qui va les "stigmatiser et les renvoyer au fumoir".

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