Corse : "il n'y a qu'une langue de la République, c'est le français", dit Valls

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, en déplacement à Marseille, le 31 mai 2013 [Boris Horvat / AFP/Archives] Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, en déplacement à Marseille, le 31 mai 2013 [Boris Horvat / AFP/Archives]

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls se dit défavorable au statut de coofficialité de la langue corse, votée par l'Assemblée de Corse en mai, dans une interview parue dans Corse-Matin lundi, jour de son arrivée pour une nouvelle visite dans l'île.

"Depuis la loi portée par Lionel Jospin, la République a donné sa place à la langue corse et l'a reconnue. Mais il n'y a qu'une langue de la République, c'est le français. Il n'est pas concevable qu'il y ait sur une partie du territoire, une 2e langue officielle", dit M. Valls dans cet entretien.

L'instauration de la coofficialité de la langue corse et du français, qui risque d'être invalidée par le Conseil constitutionnel, avait été décidée le 17 mai par l'Assemblée de Corse, au terme de deux jours de débats.

"La pratique de la langue corse va au-dela de l'attachement affectif que les insulaires ont pour leur langue. Il s'agit de l'avenir de l'identité culturelle insulaire", souligne M. Valls. "Et le gouvernement y est bien entendu attaché".

"L'Assemblée de Corse est habilitée à faire des propositions d'évolution législative au gouvernement", ajoute-t-il. "Ce statut de coofficialité va cependant au-delà d'une modification du cadre législatif, car il concerne aussi des dispositions constitutionnelles."

En revanche, sur les évolutions institutionnelles le ministre ne répond pas.

Il est notamment interrogé sur la proposition d'aligner le statut de l'île sur celui des territoires d'outre-mer, proposition contenue dans un rapport rédigé par des juristes dont le constitutionnaliste Guy Carcassonne, récemment décédé.

"Votre question prend une résonnance particulière alors que nous enterrons ce matin (lundi) celui qui a été mon ami et un éminent juriste. La commission des affaires réglementaires et législatives (de l'Assemblé de Corse, ndlr) présidée par Pierre Chaubon, que j'estime, réfléchis sur l'évolution institutionnelle de la Corse. Le gouvernement s'exprimera quand il sera saisi des propositions que lui fera l'Assemblée de Corse".

Ce rapport sur les évolutions institutionnelles a été présenté vendredi à l'Assemblée de Corse. Parmi ses propositions, une plus grande autonomie législative notamment dans les domaines foncier et de la fiscalité.

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