La suppression de la métropole de Paris saluée par l'UMP

Le Sénat à Paris [Eric Feferberg / AFP/Archives] Le Sénat à Paris [Eric Feferberg / AFP/Archives]

La suppression de la métropole de Paris, lors de la première lecture au Sénat du projet de loi de décentralisation, a été saluée mardi par l'opposition UMP du conseil régional d'Ile-de-France, tandis que les écologistes regrettaient un "premier acte manqué pour la démocratie locale".

Les sénateurs ont adopté lundi des amendements de suppression des articles traitant de l'organisation de Paris et de l'Ile-de-France, présentés par l'UMP et les communistes (CRC). Les centristes se sont abstenus, sauf trois qui ont voté également cette suppression, mettant le PS et les écologistes en minorité.

"Les sénateurs ont adressé un véritable camouflet au projet du gouvernement", a affirmé Valérie Pécresse, présidente du groupe UMP à la région dans un communiqué.

Pour elle, "l'urgence est à la simplification de la carte administrative pour réduire les dépenses publiques" et non à "marier de force les communes au sein de vastes intercommunalités et à créer une nouvelle strate administrative avec la Métropole de Paris, compétente en matière d'urbanisme".

C'est d'ailleurs Roger Karoutchi, sénateur UMP des Hauts-de-Seine mais aussi président de la commission des Finances du Conseil régional d'IDF qui est l'auteur de l'amendement qui a supprimé la métropole de Paris.

Roger Karoutchi, sénateur UMP des Hauts-de-Seine, à Paris, le 12 décembre 2012 [Miguel Medina / AFP/Archives]
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Roger Karoutchi, sénateur UMP des Hauts-de-Seine, à Paris, le 12 décembre 2012
 

Le groupe EELV a, lui, constaté "sans surprise" ce "premier acte manqué pour la démocratie locale", sans toutefois regretter la métropole de Paris telle que prévue qui aurait "coupé la région en deux en opposant citoyens du centre et citoyens de seconde zone".

"La faiblesse de la proposition du gouvernement, tant au niveau démocratique qu'au niveau de la nécessaire simplification, n'a pas permis de trouver une majorité politique au Sénat", a souligné Mounir Satouri, président des élus EELV du Conseil régional Ile-de-France.

"Les grands élus locaux, bien souvent adeptes du cumul des mandats et défendeurs du statu quo, s'en sont ainsi donné à coeur joie, ce qui est regrettable pour le renforcement de la démocratie locale et pour les collectivités locales qui souhaitent prendre à bras le corps les enjeux métropolitains du XXIe siècle", a-t-il déploré.

Pour le Délégué spécial "Grand Paris et métropole" au conseil régional, Jean-Marc Nicolle (MRC), "le gouvernement a voulu aller trop vite" et "les sénateurs ont exprimé le rejet de beaucoup d'élus locaux d'une strate supplémentaire: le projet n'était pas encore mûr".

Mounir Satouri, président des élus EELV du Conseil régional Ile-de-France, à Paris, le 9 juillet 2012 [Patrick Kovarik / AFP/Archives]
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Mounir Satouri, président des élus EELV du Conseil régional Ile-de-France, à Paris, le 9 juillet 2012
 

Rappelant "l'urgence" d'atteindre l'objectif de 70.000 logements créés par an en région parisienne pour desserrer l'étau de la pénurie, M. Nicolle estime que si cela devait se faire sans l'instrument d'une nouvelle métropole de Paris, "une autorité organisationnelle (AO) deviendrait plus que nécessaire".

Cette "AO" du Logement est une idée portée depuis des mois par la Région qui voudrait lui voir épouser ses contours géographiques, ce que ne faisait pas la future-ex métropole qui était délimitée à la zone dense.

De son côté, le député PS de Paris, Jean-Marie Le Guen, s'est dit "consterné" par la suppression de la métropole de Paris, fustigeant "le conservatisme et l'irresponsabilité stupéfiante" du Sénat. Il compte sur l'Assemblée nationale pour rendre au texte désossé "son ambition initiale de construire une métropole efficace, démocratique et solidaire".

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