Le numérique et le financement au coeur d'"Assises de l'audiovisuel"

Rencontre entre la ministre de la Culture Aurélie Filippetti et le patron de France Télévisions Rémy Pflimlin au ministère de la Culture le 17 décembre 2012 [Pierre Verdy / Pool/AFP/Archives] Rencontre entre la ministre de la Culture Aurélie Filippetti et le patron de France Télévisions Rémy Pflimlin au ministère de la Culture le 17 décembre 2012 [Pierre Verdy / Pool/AFP/Archives]

Comment financer et moderniser la télévision face aux bouleversements numériques et à la crise? Pour parler de l'avenir du secteur, le ministère de la Culture organise mercredi des "Assises de l'audiovisuel" qui devraient notamment se focaliser sur les relations entre chaînes et producteurs, dans un contexte tendu.

Organisées autour de tables rondes, ces assises se tiendront toute la journée au Grand Palais sous l'égide de la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, en présence de professionnels de l'audiovisuel dont des dirigeants de groupes tels que Rémy Pflimlin (France Télévisions), Nonce Paolini (TF1) et Nicolas de Tavernost (M6).

Pour le ministère, ce rendez-vous doit constituer "un moment d'écoute et de débats" avant des "concertations et expertises", qui permettront de déboucher sur "une deuxième loi audiovisuelle qui interviendra en 2014".

Hasard du calendrier, ces assises se déroulent le même jour que l'examen en Conseil des ministres d'un projet de loi sur la désignation des membres d'un Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) resserré, à qui il reviendra de choisir les patrons des entreprises publiques.

"Après une première loi consacrée à l'indépendance, l'objectif est de s'intéresser maintenant davantage à la régulation et au développement du secteur", précise-t-on rue de Valois.

Dans la foulée du rapport Lescure pour faire évoluer la politique culturelle à l'heure du numérique, remis à la mi-mai, ces rencontres permettront d'aborder des sujets liés à l'impact d'internet pour l'audiovisuel.

Les patrons de M6 et TF1 Nicolas de Tavernost (g) et Nonce Paolini à Paris le 25 juin 2012 [Eric Piermont / AFP/Archives]
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Les patrons de M6 et TF1 Nicolas de Tavernost (g) et Nonce Paolini à Paris le 25 juin 2012
 

Mais c'est surtout sur les questions économiques que les débats risquent d'être animés. Au programme: le financement des chaînes de télévision ou encore l'épineuse question des relations entre chaînes de télévision et producteurs indépendants, que les premières veulent réformer largement.

"40 ans en arrière"

Actuellement, seuls les producteurs détiennent les droits des programmes même si les chaînes participent au financement. Un principe sur lequel les chaînes veulent revenir dans la foulée du rapport du sénateur Jean-Pierre Plancade (PRG) diffusé vendredi, qui a proposé de mettre fin au système actuel.

"Nous devons pouvoir compter sur un droit de propriété des oeuvres à due concurrence de ce que nous investissons", a souligné Nonce Paolini dans un entretien au Figaro lundi.

En février, le patron de TF1 avait déjà plaidé en faveur d'une telle mesure, trouvant par exemple, "un peu étrange qu'+Un gars, une fille+ (le programme court à succès né sur France 2, ndlr) soit exploité aujourd'hui sur une chaîne du groupe M6 alors que c'est une création qui a été financée intégralement par France Télévisions qui ne touche pas un centime des rediffusions".

Pour Nicolas de Tavernost également, il faut "supprimer les contraintes absurdes en termes de propriété de droits, les restrictions de diffusion".

Les producteurs, eux, s'ils veulent bien "mettre sur la table l'idée de revaloriser le droit à recette des chaînes de télévision", s'opposent à céder aux chaînes une partie de leurs droits.

"Le système qu'ils proposent, c'est un retour 40 ans en arrière", estime Thomas Anargyros, vice-président de l'Union syndicale de la production audiovisuelle (Uspa), pour qui "ce que veulent les chaînes, c'est figer la circulation des droits".

Autre sujet sur la table des assises: un possible allègement sur la réglementation en matière de publicité sur le petit écran, qui pourrait passer par l'ouverture à certains secteurs actuellement interdits de spots à la télévision, tels que le cinéma et la grande distribution.

Enfin, la question du financement du service public audiovisuel, qui pourrait passer par un élargissement de l'assiette de la redevance, sera à nouveau posée.

"Il est urgent d'apporter des réponses qui nous permettent de construire de façon pérenne et de nous adapter aux évolutions", a estimé Rémy Pflimlin, ce week-end dans un entretien au Monde.

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