Rapport sur les retraites: Le Pen dénonce une soumission aux exigences de l'UE

La présidente du Front national, Marine Le Pen, le 19 janvier 2011 au Parlement européen à Bruxelles [Georges Gobet / AFP/Archives] La présidente du Front national, Marine Le Pen, le 19 janvier 2011 au Parlement européen à Bruxelles [Georges Gobet / AFP/Archives]

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a vu mercredi dans le rapport Moreau sur les retraites "la réponse qu'attendait la Commission européenne aux exigences qu'elle a formulées: tout pour l'austérité et l'injustice, rien pour la croissance".

Selon des sources syndicales, ce rapport qui sera remis au gouvernement mi-juin mais dont les grandes lignes ont fuité dans la presse, propose plusieurs pistes de réforme, dont le changement des règles de calcul des retraites des fonctionnaires, ou la suppression d'avantages fiscaux pour les retraités.

"D'après ce que la presse en dit, les préconisations du rapport Moreau signeraient la soumission totale de la France à la politique de l'austérité et de la pénurie. Ce rapport est exactement la réponse qu'attend la commission européenne aux exigences qu'elle a formulées : tout pour l'austérité et rien pour la croissance et l'emploi. Tout pour l'injustice et rien pour l'efficacité", dénonce Marine Le Pen dans un communiqué.

La Commission européenne avait exigé fin mai de la France des réformes, notamment sur les retraites, en échange d'un délai de deux ans accordé pour baisser son déficit. Le président François Hollande avait répliqué en affirmant que "la France (était) souveraine pour décider des réformes".

Pour la présidente du FN, le rapport Moreau s'inscrit "dans la continuité des politiques ultralibérales menées par les gouvernements Sarkozy et Hollande, qui gèrent la pénurie au lieu de chercher à relancer la croissance". Il représente "un condensé déprimant du pire de ce que la troïka UE/UMP/PS est capable d'infliger aux Français".

"Notre salut, pour le financement des retraites comme sur les autres dossiers, ne viendra pas d'une pénurie toujours aggravée mais d'une relance vigoureuse de la croissance et de l'emploi", assure la leader frontiste.

"Cette relance suppose une réorientation complète de la politique européenne et de la politique économique vers le patriotisme économique", ajoute l'eurodéputée, rappelant sa proposition d'une retraite à taux plein et sans diminution des pensions après 40 ans de cotisations.

Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte Ouvrière, a déclaré craindre mercredi "un nouveau racket" du gouvernement et des patrons.

"Le gouvernement prétend étudier toutes les pistes sauf une: faire payer le grand patronat", s'insurge l'ex-candidate à l'Elysée dans un communiqué. "Le Parti socialiste reprend les mêmes arguments que la droite: il y aurait un gouffre des retraites, un déficit insurmontable à combler d'urgence. Mais ce déficit sera de 20 milliards en 2020. 20 milliards, c'est le montant du cadeau que le gouvernement a octroyé au grand patronat, chaque année".

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