Mort de Clément Méric : quatre personnes interpellées

Des étudiants de Sciences-Po après la mort de l'un de leurs camarades, le 6 juin 2013 à Paris [Lionel Bonaventure / AFP] Des étudiants de Sciences-Po après la mort de l'un de leurs camarades, le 6 juin 2013 à Paris [Lionel Bonaventure / AFP]

Le militant d'extrême gauche Clément Méric, qui était dans un état désespéré après avoir reçu mercredi soir à Paris un coup lors d'une bagarre avec des skinheads, est décédé jeudi, a annoncé à l'AFP une source policière.

Quatre personnes, trois hommes et une femme, ont été placées en garde à vue, a précisé une source policière. L'auteur présumé du coup mortel figure parmi elles. Dans ses premières déclarations, il a indiqué ne pas avoir eu l'intention de tuer le jeune homme, décédé à l'âge de 18 ans.

Les personnes interpellées graviteraient autour du groupuscule d'extrême droite des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), selon des sources policière et judiciaire.

L'enquête de la police judiciaire parisienne doit encore déterminer les circonstances exactes de la bagarre, notamment de son entame, survenue dans le IXe arrondissement de Paris entre deux groupes à la sortie d'une vente privée de vêtements de marques prisés tant par les militants d'extrême droite que par les militants antifascistes.

Une photo du 6 juin 2013 à Paris, où un militant de gauche a été gravement blessé la veille dans une bagarre [Bertrand Guay / AFP]
Photo
ci-dessus
Une photo du 6 juin 2013 à Paris, où un militant de gauche a été gravement blessé la veille dans une bagarre
 

"Soudain, un coup de poing est parti et le jeune a valsé contre le poteau... Les hommes avaient des crânes rasés, avec des vestes en cuir et des tatouages dans le cou", a raconté à l'AFP une femme témoin de la scène, à l'angle de la rue Joubert et de la rue de Caumartin dans les artères piétonnes du quartier de la gare saint-Lazare.

La victime, Clément Méric, 18 ans, venue de Brest pour ses études à Sciences Po, militant antifasciste et du syndicat Solidaires, a été transportée à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

Sur les lieux de la bagarre, le ministre de l'Intérieur a dit sa "totale détermination à éradiquer cette violence qui porte la marque de l'extrême droite". "Un groupe d'extrême droite (...) est au coeur de cet assassinat", a-t-il insisté.

A l'instar d'un monde politique unanime, le président François Hollande a condamné depuis Tokyo "avec la plus grande fermeté l'agression" de Clément Méric. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a dit souhaiter que le gouvernement trouve les moyens pour "mettre en pièces" les groupes d'extrême droite.

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls (c), le 6 juin 2013 à Paris, sur les lieux de la bagarre mortelle [Bertrand Guay / AFP]
Photo
ci-dessus
Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls (c), le 6 juin 2013 à Paris, sur les lieux de la bagarre mortelle
 

Interrogé sur un lien avec le mouvement des opposants au mariage homosexuel, Manuel Valls a répondu qu'il se méfiait "de tous les amalgames". Si des militants de ces groupuscules ont été repérés dans les défilés, leurs organisateurs se sont également offusqués d'un tel rapprochement "scandaleux", "indécent".

Plusieurs rassemblements en hommage à la victime ont eu lieu à Paris comme en province. Un hommage a été rendu à Sciences Po. Un rassemblement est prévu dans la soirée place Saint-Michel à Paris.

"Noyau dur des JNR"

Pour le coprésident du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, cette violence n'est "pas fortuite", mais le résultat d'"une culture méthodiquement inculquée et entretenue par des groupes d'extrême droite", selon lui, "liés" au Front national. dénoncer

Marine Le Pen, présidente du FN, a répondu que son parti n'avait "aucun rapport, ni de près ni de loin", avec "ces actes inadmissibles et insupportables".

La police sécurise, le 6 juin 2013 à Paris, les lieux de la bagarre entre des militants de gauche et des skinheads [Bertrand Guay / AFP]
Photo
ci-dessus
La police sécurise, le 6 juin 2013 à Paris, les lieux de la bagarre entre des militants de gauche et des skinheads
 

Selon une source policière, les enquêteurs ont "rapidement disposé" de signalements précis et de photos des agresseurs présumés, qui "graviteraient pour certains" autour du "noyau dur des JNR", les Jeunesses nationalistes révolutionnaires, un groupuscule d'extrême droite radicale. Une source judiciaire, pour sa part, a indiqué que deux des gardés à vue "gravitent autour du mouvement d'extrême droite Troisième voie", dont les JNR assurent notamment le service d'ordre.

Alors que son groupe était mis en cause dès mercredi soir par le Parti de Gauche, le leader des JNR, Serge Ayoub, a réfuté toute implication: "C'est absolument faux", a-t-il dit dès jeudi matin à l'AFP, affirmant que l'agression avait été initiée par les militants d'extrême gauche.

 
 

Selon une source policière, "il y a eu invectives, bousculades et échanges de mots" entre les deux groupes. La victime "a été frappée par l'un des skins". Un coup extrêmement violent et peut-être porté avec un poing américain, selon des sources policières. Sous l'impact, la tête de Clément Méric est allée heurter "un plot au passage".

Naema, 22 ans, étudiante, raconte avoir vu "les agresseurs détaler juste après l'agression", puis se "serrer la main", "souriants". Le Parti de Gauche a demandé dès mercredi à Manuel Valls "la dissolution des groupes d'extrême droite". Cet appel a été repris jeudi à gauche et dans le monde syndical.

Vous aimerez aussi

Fait-divers Paris : un couple d'hommes frappé par un chauffeur VTC
Enquête Paris : un couple d'hommes victime d'une agression homophobe
Fait divers Angers : un homme condamné pour agression avec son chien et insultes racistes sur une femme

Ailleurs sur le web

Derniers articles