Hollande veut être "un acteur majeur" pour un accord économique Japon-Europe

Le président français François Hollande et le Premier ministre japonais Shinzo Abe, le 7 juin 2013 à Tokyo [Bertrand Langlois / AFP] Le président français François Hollande et le Premier ministre japonais Shinzo Abe, le 7 juin 2013 à Tokyo [Bertrand Langlois / AFP]

Le président français François Hollande s'est engagé samedi à Tokyo à agir activement pour qu'aboutissent les discussions en vue d'un accord économique entre le Japon et l'Union Européenne et afin que la croissance redevienne durable dans les deux régions.

"Il faut bien comprendre que la crise dans la zone euro est terminée", a asséné M. Hollande au troisième jour d'une visite d'Etat au Japon, devant un parterre d'officiels et hommes d'affaires européens et japonais.

"Je serai un acteur majeur pour qu'il puisse y avoir un accord de partenariat économique entre l'Europe et le Japon", a-t-il promis tandis que viennent d'être entamées des négociations de libre-échange.

L'Europe exige du Japon, très pointilleux et attaché à protéger ses agriculteurs, la réciprocité pour la levée non seulement des barrières tarifaires, mais aussi normatives et réglementaires qui entravent les échanges.

Selon M. Hollande, un partenariat Japon-Europe "serait bon économiquement pour l'Europe et excellent pour le Japon".

Dans un contexte mondial bouleversé, "le sentiment a pu s'installer que l'Europe et le Japon n'étaient pas dans la même dynamique que les pays émergents qui se sont affirmés avec des taux de croissance élevés, mais je ne me satisfais pas de cette impression", a insisté M. Hollande.

"Le Japon et l'Europe ont une place à prendre dans le contexte international", a-t-il poursuivi, appelant de ses voeux un renforcement des liens Japon-Europe et Japon-France.

Le président français François Hollande et l'empereur japonais Akihito, le 8 juin 2013 à Tokyo [Koichi Kamoshida / Pool/AFP]
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Le président français François Hollande et l'empereur japonais Akihito, le 8 juin 2013 à Tokyo

Le président appuie son argumentaire sur le fait que la France et le Japon et l'Europe et le Japon, bien qu'étant dans des situations économiques différentes, font face aux mêmes grands défis et doivent emprunter le même chemin, si possible en commun pour "sortir de la crise, regagner la confiance, relancer la croissance".

"Nous devons agir vite, avec efficacité et volontarisme", a enjoint le chef de l'Etat, en ajoutant: "c'est ce que veut (le Premier ministre) Shinzo Abe pour le Japon, c'est ce que je veux pour la France, ce que je veux promouvoir pour l'Europe".

Entre Chine et Japon "ne nous demandez pas de choisir"

Le président français a de même insisté sur la nécessité pour l'Europe de prendre des dispositions fortes tournées vers la croissance, tout comme le fait le gouvernement Abe en place depuis six mois et dont les mesures économiques sont à rebours de l'austérité.

M. Hollande a dit regarder de façon "favorable" cette politique économique dite des "trois flèches" (largesses budgétaires, souplesse monétaire et stratégie de croissance) et surnommée "abenomics", car elle est tournée vers la croissance.

"La parabole des trois flèches a fait le tour du monde", a expliqué M. Hollande. Elle ne doit pas susciter d'inquiétudes à l'extérieur "car ces flèches ne sont pas tournées vers nous", a aussi souligné le président.

Le but de cette visite est aussi "d'ajouter de nouvelles flèches" qui contribuent à renforcer la position de l'un et l'autre pays.

"Si nous conjuguons nos efforts en Europe et si vous, les Japonais, faites des efforts pour participer à cette nouvelle dynamique, ensemble nous pouvons changer la donne".

Après la cure de rigueur, "une autre phase doit s'ouvrir, celle de la croissance, de l'emploi", a plaidé M. Hollande qui veut "faire prévaloir d'autres objectifs que le seul assainissement financier".

"Voir que le Japon s'engage dans une politique de croissance est encourageant. Nous avons besoin de croissance stable, durable, maîtrisée".

François Hollande ne compte toutefois pas offrir une exclusivité aux Japonais en Asie, même si ces derniers ont craint ces dernières années d'être délaissés au profit de la Chine. Il leur a demandé de comprendre la nécessité pour la France de "travailler avec l'Asie et de ne pas opposer tel ou tel pays".

"Nous avons une relation d'amitié depuis longtemps avec la Chine et nous avons un partenariat exceptionnel d'amitié exceptionnelle avec le Japon. Ne nous demandez pas de choisir".

Et d'ajouter: "je suis ici au Japon, heureux d'être au Japon, fier d'être au Japon".

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