Medef : rattrapé par son adversaire, Pierre Gattaz veut être jugé sur les faits

Pierre Gattaz, candidat à la présidence du Medef, pose le 6 juin 2013 à Paris [Eric Piermont / AFP] Pierre Gattaz, candidat à la présidence du Medef, pose le 6 juin 2013 à Paris [Eric Piermont / AFP]

Le candidat à la présidence du Medef Pierre Gattaz, arrivé tout juste derrière Geoffroy Roux de Bézieux dans un vote consultatif, repart à l'offensive en s'affichant comme un patron de terrain voulant être jugé sur les faits.

Largement présenté jusque-là comme le favori de l'élection prévue le 3 juillet, du fait du soutien de plusieurs fédérations importantes, il est arrivé en seconde place au vote du Conseil exécutif du Medef le 3 juin avec 18 voix, contre 19 pour le patron d'Oméa (Virgin mobile).

A la tête d'une entreprise familiale portée au rang de numéro un mondial en forte croissance sur deux produits de haute technologie, un dialogue social pratiqué selon lui avec ses salariés "toute la journée": M. Gattaz veut balayer une image de "fils à Papa" et d'industriel des temps passés qu'il estime véhiculée par ses adversaires.

"Quand je dis que l'économie peut créer de l'emploi, je le prouve par Radiall", affirme-t-il dans un entretien accordé à l'AFP, en faisant allusion au producteur de connecteurs électriques et de commutateurs radiofréquences dont il est aujourd'hui le patron.

Pierre Gattaz, candidat à la présidence du Medef, le 6 juin 2013 à Paris [Eric Piermont / AFP]
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Pierre Gattaz, candidat à la présidence du Medef, le 6 juin 2013 à Paris
 

Radiall dispose de cinq usines en France où M. Gattaz dit avoir créé 500 emplois depuis qu'il en a pris la direction en 1992.

"Quand je dis que l'exportation c'est le débouché naturel et même obligatoire du pays, je le prouve", poursuit-il toujours au sujet de son entreprise qui exporte 80% de son chiffre d'affaires et a implanté des sites à l'étranger.

"Je voudrais incarner ce chef d'entreprise de terrain qui fait ce qu'il dit et qui dit ce qu'il fait", martèle-t-il.

Fils d'Yvon Gattaz, l'ancien patron des patrons, président du CNPF, l'ancêtre du Medef de 1981 à 1986, Pierre Gattaz, est agacé par l'étiquette de "fils à Papa, héritier" que certains lui appliquent.

"C'est peut-être un peu oublier que j'ai connu trois crises que j'ai gérées, il a fallu se réadapter, se réinventer en permanence. Quand j'ai pris les commandes de Radiall, il y avait 20 concurrents français dans mon domaine, aujourd'hui, Radiall est le dernier indépendant de son domaine", se défend-il.

"Supporter une baisse de son chiffre d'affaires de 40% en deux ans au moment de la crise des télécoms et savoir se repositionner sans casse sociale, ce n'est pas simple. Cette année, je fais encore 9% de croissance", argue-t-il.

Il s'attaque ensuite au deuxième point sur lequel on le "tacle", selon lui. "On me dit +Pierre Gattaz c'est l'homme de l'industrie du XIXe siècle+: cela me fait sourire", lance-t-il en avançant ses 8% du chiffre d'affaires consacrés à la recherche et développement.

Pierre Gattaz, candidat à la présidence du Medef, pose le 6 juin 2013 à Paris [Eric Piermont / AFP]
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Avec les connecteurs, "nous sommes dans la +French dream team+ de Boeing à côté de Thalès, Safran, Labinal. Nous sommes aussi numéro un mondial de la niche des commutateurs radiofréquence qui servent à tester les millions d'iPhone et d'iPad fabriqués par Apple", dit-il.

"C'est de l'innovation, de l'investissement, de la technologie du dernier cri", s'irrite-t-il, "et on est le numéro un du monde dans ces deux segments, on n'est pas numéro dix. Et nous ne faisons pas de pertes".

"Je pense que ce qui me distingue des autres c'est d'être à la fois régional, avec mes cinq usines en région, et international".

Il se défend aussi de se cantonner à l'industrie et de tourner le dos aux services, le secteur de son principal adversaire et de la présidente sortante de l'organisation patronale, Laurence Parisot, et dit développer des brevets, de l'expertise. "La guerre industrie-services, qui n'existe qu'en France, est une guerre du XIXe siècle", lance-t-il.

Enfin, sur l'inquiétude la plus citée ces derniers temps le concernant, le dialogue social, il cite à nouveau son entreprise. "Si j'étais un fou furieux du dialogue social, je n'aurais pas réussi à conquérir Apple, Boeing, Mitsubishi, Bombardier car pour cela il faut motiver les équipes", assure-t-il.

"Donc le dialogue social, je le revendique, fortement, hautement, au niveau du terrain en priorité".

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