Municipales à Paris : Duflot brouille le message

Christophe Nadjovski et Cécile Duflot, le 8 juin 2013 à Paris [Thomas Samson / AFP] Christophe Nadjovski et Cécile Duflot, le 8 juin 2013 à Paris [Thomas Samson / AFP]

"Vous verrez,vous verrez": à ne pas annoncer sa décision concernant les municipales à Paris, Cécile Duflot brouille le message médiatique des écologistes et pourrait perturber la campagne du candidat désigné récemment tête de liste, Christophe Nadjovski.

Depuis des mois, la question "serez-vous candidate aux municipales de Paris?" est régulièrement posée à la ministre du Logement Cécile Duflot, ancienne chef de file des écologistes. Trois jours avant la désignation officielle samedi de leur candidat, la ministre répondait encore "vous verrez, vous verrez" estimant que "la réponse ne peut être apportée aujourd'hui", et qu'elle n'a pas fixé de date "parce que les décisions politiques se prennent en fonction de circonstances politiques".

Or, depuis samedi, c'est officiel, le candidat est Christophe Nadjoski, 43 ans, adjoint au maire PS de Paris, chargé de la petite enfance et membre du courant majoritaire "Maintenant". Il a notamment reçu le soutien de Cécile Duflot elle-même ainsi que du ministre du développement Pascal Canfin, du président du groupe écologiste au Sénat Jean-Vincent Placé, et du vice-président de l'Assemblée nationale, Denis Baupin.

"Chauffer la place"

Christophe Nadjovski s'était dit prêt à laisser sa place à Cécile Duflot si elle se décidait à entrer en lice face à Anne Hidalgo (PS), Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) et Marielle de Sarnez (MoDem). Est-il là pour "chauffer la place" de la ministre du Logement ? "Pas du tout, je ne suis pas là pour chauffer la place, je suis là pour faire campagne, rencontrer les Parisiens", objecte M. Najdovski. "La question ne se pose pas. Christophe Nadjoski a été élu", a renchéri mardi auprès de l'AFP Yves Contassot, conseiller EELV de Paris.

Christophe Nadjovski et Cécile Duflot, le 8 juin 2013 à Paris [Thomas Samson / AFP]
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Christophe Nadjovski et Cécile Duflot, le 8 juin 2013 à Paris
 

La candidature de Cécile Duflot risque pourtant de hanter la campagne des écologistes parisiens tant que la ministre ne se sera pas décidée. "J'ai constaté que ça brouille le message médiatique", estime auprès de l'AFP David Cormand, délégué EELV aux élections pour qui cependant "il y a un candidat, il a été élu, la campagne est partie".

Débuts houleux

Pascal Durand, secrétaire national d'EELV dont le nom avait également circulé pour les municipales et qui avait rapidement annoncé qu'il n'irait pas, reconnaît aussi mardi "qu'il est compliqué de laisser planer le doute au moment où la campagne démarre".

"C'est un problème qui ne se pose pas", répète-t-on toutefois à l'envi chez les écologistes. Difficile portant pour Christophe Nadjovski de se faire un nom. "A Paris, les gens votent davantage pour les étiquettes que pour les gens", assure Yves Contassot en expliquant que dans la capitale "le renouvellement des listes électorales est de 30% par an".

Pascal Durand, secrétaire national d'EELV, le 29 novembre 2012 à Paris [Miguel Medina / AFP/Archives]
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Pascal Durand, secrétaire national d'EELV, le 29 novembre 2012 à Paris
 

L'essentiel, c'est le programme, assurent en choeur les écologistes. "Le plus important ce n'est pas de savoir si Cécile vient, le plus important c'est le programme", dit Yves Contassot pour qui la ministre a "un potentiel plus fort parce qu'elle a une grande notoriété mais il y a bien d'autres conditions pour gagner une élection".

"Christophe Nadjoski n'est pas une personne connue mais il a une vraie connaissance des dossiers", ajoute David Cormand précisant que "pour les municipales, l'ancrage local est important".

"Les conditions pour que Cécile Duflot soit candidate, plus le temps passe plus elles sont réduites", estime-t-il. Sa candidature "serait une décision collective, il y aurait débat et un nouveau vote", précise Yves Contassot.

L'histoire entre Cécile Duflot et Paris avait déjà connue des débuts houleux il y a un an lorsque la ministre s'était présentée aux législatives à Paris en 2012 après un accord avec le PS. Sa candidature dans la 6e circonscription de Paris (XIe et XXe arrondissements), une circonscription acquise à la gauche lui avait valu une réaction épidermique du maire PS Bertrand Delanoë et de son adjointe aujourd'hui candidate Anne Hidalgo vue comme un signe de "peur" pour les municipales de 2014.

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