Affaire Tapie : Raffarin dénonce une campagne contre Sarkozy

Nicolas Sarkozy et Jean-pierre Raffarin, à Chasseneuil-du-Poitou le 5 janvier 2012 [Philippe Wojazer / Pool/AFP/Archives] Nicolas Sarkozy et Jean-pierre Raffarin, à Chasseneuil-du-Poitou le 5 janvier 2012 [Philippe Wojazer / Pool/AFP/Archives]

Jean-Pierre Raffarin (UMP), interrogé dimanche sur le dossier judiciaire Tapie/Crédit lyonnais, a dénoncé "une campagne orchestrée" contre Nicolas Sarkozy, laissant entendre que la justice était instrumentalisée par le camp socialiste.

Invité du "Grand Rendez-vous" (Europe1/i-Télé/LeParisien), l'ancien Premier ministre a défendu le principe de l'arbitrage rendu en 2008 pour solder le différend entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais né de la vente d'Adidas. A ses yeux "c'est une procédure légale" et l'avoir demandée "n'est en rien une faute".

Ensuite, la justice doit déterminer "de manière sereine", a-t-il dit, "si l'arbitrage a été honnête... Est ce qu'il y a eu de la triche (...) de la fraude c'est ça la question !"

Et d'enchaîner: "je suis triste pour la démocratie française aujourd'hui de voir à quel point la justice fait du spectacle, et mon sentiment c'est que le spectacle actuel de la justice a un seul premier rôle, c'est Nicolas Sarkozy".

Affaires Bettencourt, Guéant, Tapie, etc., "quelle est la cible derrière tout ça ? Toujours Nicolas Sarkozy ! Au fond la chasse à Sarko engagée pendant son quinquennat est aujourd'hui poursuivie. Et quand j'entends Mme (la ministre Fleur) Pellerin dire qu'il y avait +système organisé+, mon sentiment personnel c'est qu'il y a plutôt campagne orchestrée", a affirmé le sénateur de la Vienne.

Par qui ? "Ceux qui ont intérêt à l'affaiblissement et du quinquennat de Nicolas Sarkozy et de la personne de l'ancien président", a-t-il répondu sans citer de nom. "Ce que je constate c'est qu'il y a une orchestration. Je demande à la justice d'être plus sobre".

Questionné aussi sur les déclarations de Jean-Pierre Aubert, ancien président du CDR, assurant que Nicolas Sarkozy alors patron de Bercy était intervenu dès juillet 2004 pour un règlement à l'amiable entre Tapie et le Crédit lyonnais, celui qui était alors Premier ministre a répondu que "bien sûr" il était au courant.

Pour M. Raffarin il s'agissait alors simplement d'"éviter des frais de justice" et de rechercher un accord entre les parties pour "éventuellement stopper la procédure" judiciaire.

"Donc il est clair que cela a été géré par Bercy. Depuis le début du dossier Crédit lyonnais c'est Bercy qui a géré", a-t-il déclaré.

Cette tentative de règlement à l'amiable avait échoué, a rappelé M. Raffarin, "puisque M. Tapie n'a pas accepté la proposition de M. Burgelin", le haut magistrat qui avait été désigné comme médiateur.

En tout cas "il n'y a pas eu de décision quant à l'arbitrage du temps où j'étais Premier ministre" (2002-2005), a-t-il encore assuré.

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