Hollande invité de "Capital" sur M6

François Hollande lors de son passage télévisé sur France 2, le 28 mars 2013 [Fred Dufour / AFP/Archives] François Hollande lors de son passage télévisé sur France 2, le 28 mars 2013 [Fred Dufour / AFP/Archives]

François Hollande est l'invité dimanche soir de "Capital", émission phare de la chaîne M6, pour un exercice de pédagogie sur sa politique économique et sociale, alors que les mesures prises depuis 13 mois, notamment contre le chômage, tardent à produire des résultats.

Entre les reportages, qui rythmeront l'émission, le président de la République répondra en direct aux questions du présentateur Thomas Sotto, et ce à la veille d'un sommet des dirigeants du G8 qui aura notamment à son menu l'évasion fiscale.

Cette spéciale de "Capital", exceptionnellement sans coupures publicitaires, doit durer plus de deux heures.

"L'enjeu de cette prestation: un exercice de pédagogie populaire sur sa stratégie économique", a-t-on expliqué dans l'entourage du chef de l'Etat. "Aucune annonce" n'est prévue, il s'agit de "mettre en cohérence" les réformes déjà menées, de montrer qu'"on tient le cap et que l'on est dans une constance absolue", selon un des ses proches.

Sur la forme, le chef de l'Etat, qui connaît une légère embellie dans les sondages, a choisi une émission au rythme "moderne, rapide" et réputée pour sa capacité à rendre accessibles à tous les publics les sujets économiques.

Un format qui permet de sortir du schéma télévisuel classique, alors que la prestation du chef de l'État le 28 mars sur France 2, avec l'exposition un peu laborieuse de sa "boîte à outils" anti-crise, n'avait pas convaincu.

Le thème du magazine, "la France en panne: comment faire sauter les verrous?", permettra au président d'expliciter "le choc de simplification" qu'il s'est engagé à conduire pour desserrer les contraintes et les freins administratifs, et doper du même coup l'esprit d'entreprise et la croissance, sur fond de récession et d'explosion du chômage.

Un "choc" jugé insuffisant dimanche par le réseau d'entrepreneurs CroissancePlus. Dénonçant ce "mal français" qu'est à ses yeux le poids de charges pesant sur le travail, ce réseau propose que le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), mesure phare du gouvernement inspiré par le rapport Gallois, soit remplacé par des allégements de cotisations patronales "à application immédiate et pérenne".

François Hollande le 14 juin 2013 à Paris [Charles Platiau / Pool/AFP]
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François Hollande le 14 juin 2013 à Paris
 

Autre sujet qui pourrait surgir dimanche soir : la récente controverse sur le régime de l'auto-entrepreneur. Le gouvernement prévoit de le réformer en limitant dans la durée ce statut fiscal avantageux dès lors qu'un certain niveau de revenus est atteint. A l'UMP on a fustigé "le suicide forcé des auto-entrepreneurs", s'étonnant que le gouvernement s'attaque à "ce qui marche".

"Il est important aujourd'hui que le président nous dise que les entreprises font partie du patrimoine du pays et comme tout patrimoine, elles doivent être d'abord protégées et non pas agressées", a dit dimanche sur Europe 1 l'ancien Premier ministre UMP Jean-Pierre Raffarin.

Les reportages de l'émission seront centrés sur quelques grands sujets : l'immobilier et la difficulté à se loger, la compétitivité des entreprises françaises face aux allemandes, la "grande gabegie" des arrêts maladie et le chômage des jeunes.

Sur ce dernier thème, les outils votés par la nouvelle majorité (emplois d'avenir, contrats de génération etc) tardent à produire des résultats concrets, alors que le nombre de demandeurs d'emploi dépasse les 3,26 millions, un niveau jamais atteint. D'après le dernier bilan du ministère du Travail, 25.000 emplois d'avenir (en partie subventionnés, destinés aux jeunes peu ou pas diplômés) ont été signés pour un objectif de 100.000 d'ici à la fin de l'année.

Au chapitre des satisfactions, François Hollande pourra se réjouir de la promulgation ce week-end de la loi sur la sécurisation de l'emploi, qui vise à la fois à renforcer la compétitivité des entreprises et à améliorer certains droits des salariés.

Validée dans sa quasi-totalité jeudi par le Conseil constitutionnel, cette loi se veut emblématique de la méthode Hollande de dialogue social, qui sera de nouveau à l'épreuve jeudi et vendredi prochains, lors de la deuxième grande conférence sociale du quinquennat. Patronat et syndicats se retrouveront notamment pour aborder la formation professionnelle.

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