Duel UMP-FN dans le Lot-et-Garonne

Le maire UMP de Fumel Jean-Louis Costes le 16 juin 2013 dans sa ville [Mehdi Fedouach / AFP] Le maire UMP de Fumel Jean-Louis Costes le 16 juin 2013 dans sa ville [Mehdi Fedouach / AFP]

Le Parti socialiste a essuyé l'échec qu'il redoutait dimanche soir dans l'ancien fief de Jérôme Cahuzac lors du premier tour de la législative partielle visant à le remplacer à l'Assemblée nationale, qui a débouché sur l'élimination de son candidat, coiffé au poteau par l'UMP et le FN.

Le maire UMP de Fumel, Jean-Louis Costes, est arrivé en tête avec 28,71% des voix, suivi du candidat du Front national, Etienne Bousquet-Cassagne, avec 26,04% des suffrages.

Bernard Barral a lui obtenu 23,69%, représentant seulement 10,35% des inscrits, un score insuffisant pour être qualifié au deuxième tour.

Le PS a immédiatement réagi en appelant à "faire barrage" au candidat FN au second tour.

"Pour le second tour, le 23 juin, le PS appelle les électeurs à faire barrage au candidat du Front national", écrit M. Désir, dans un communiqué cosigné avec Christophe Borgel, secrétaire national aux élections.

Bernard Barral a suivi les consignes nationales, en appelant lui aussi à un "front républicain", qui soutiendrait le maire de Fumel, 49 ans, contre le jeune Etienne Bousquet-Cassagne, 23 ans.

 

"J'ai mal à mon coeur"

Le candidat du FN, Etienne Bousquet-Cassagne (g), le 16 juin 2013 à Villeneuve-sur-Lot [Mehdi Fedouach / AFP]
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Le candidat du FN, Etienne Bousquet-Cassagne (g), le 16 juin 2013 à Villeneuve-sur-Lot
 

"Je demande à toutes les électrices et électeurs à faire front et barrage au FN", a lancé devant les caméras M. Barral.

"Ce soir, j'ai mal à mon coeur et surtout à la France", a déclaré Bernard Barral.

L'UDI de Jean-Louis Borloo a de son côté affirmé dimanche que l'élimination du PS dès le premier tour et la qualification du FN venaient "sanctionner à nouveau l'absence ce cap de François Hollande et de confiance en sa capacité à protéger les Français" de la crise.

Quelque 75.000 électeurs étaient appelés aux urnes pour ce scrutin hautement symbolique car il s'agissait pour la majorité de laver l'affront infligé à son propre camp par Jérôme Cahuzac, ex-ministre du Budget, mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale.

Le scrutin intervient en outre après deux défaites électorales pour le Parti socialiste, qui a perdu le week-end dernier deux circonscriptions des Français à l'étranger, l'UDI et l'UMP.

Le PS comme l'UMP avaient d'ailleurs concentré ces derniers jours leurs attaques sur le FN, craignant la montée du parti frontiste déjà bien implanté dans ce département rural paupérisé, où le candidat Etienne Bousquet-Cassagne, étudiant en BTS commerce, avait obtenu le meilleur score du parti en Aquitaine, en 2012, dans la 2ème circonscription, avec 17,9% des suffrages, un score qu'il a encore amélioré lors de ce scrutin.

 

Campagne troublée par l'indécision de Cahuzac

L'ancien chef d'entreprise à la retraite Bernard Barral, 66 ans, avait été désigné par les militants socialistes au milieu d'une campagne troublée par l'indécision de Jérôme Cahuzac, qui avait attendu le 18 mai pour renoncer à briguer sa propre succession.

Pendant la campagne le PS avait dépêché son premier secrétaire, Harlem Désir, et les ministres de l'Intérieur et de l'Agriculture Manuel Valls et Stéphane Le Foll pour le soutenir.

De son côté, Jean-François Copé, le président de l'UMP, venu vendredi soutenir Jean-Louis Costes, avait aussi mis en garde les électeurs contre le vote Front national, lors d'un meeting à Bias.

"Voter FN - comme nous ne faisons pas d'alliance avec le FN - c'est donner un coup de main à la gauche", a-t-il lancé tout en rappelant que son parti refuserait toute alliance avec le parti de Marine Le Pen.

Le candidat socialiste a en outre souffert de l'éparpillement des voix à gauche, alors que les Verts et le Front de gauche notamment ont présenté des candidats, Lionel Feuillas et Marie-Hélène Loiseau, qui ont obtenu respectivement 1,22 et 2,22% des suffrages.

Le taux d'abstention a par ailleurs été très élevé, s'établissant à 54,12% des inscrits, contre 37,31% en 2012, lorsque Jérôme Cahuzac avait été élu haut la main, avec plus de 61% des suffrages.

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