Education prioritaire : Peillon détaille sa réforme

Vincent Peillon et Najat Vallaud-Belkacem lors d'une visite dans une école le 13 janvier 2014 à Villeurbanne  [Philippe Desmazes / AFP/Archives] Vincent Peillon et Najat Vallaud-Belkacem lors d'une visite dans une école le 13 janvier 2014 à Villeurbanne [Philippe Desmazes / AFP/Archives]

Comment attirer et garder des professeurs motivés dans les établissements les plus difficiles et y améliorer les résultats des élèves? Avec de meilleures indemnités pour les profs, des décharges horaires, des projets pédagogiques innovants soutenus sur la durée, répond Vincent Peillon.

Le ministre de l'Education nationale détaillait jeudi sa réforme de l'éducation prioritaire qui, dans son ensemble, a échoué depuis trente ans à donner les mêmes chances scolaires aux enfants issus de milieux défavorisés.

ZEP, REP, RAR et RSS, CLAIR puis ECLAIR: depuis 1982 les acronymes et les découpages se sont succédé suivant l'idée de "donner plus à ceux qui ont moins". Et pourtant, selon l’enquête Pisa de l'OCDE, les enfants français de milieux populaires ont moins de probabilités qu'ailleurs de réussir leur scolarité, une tendance qui est allée s’aggravant.

"C'est la grande hypocrisie française, on fait croire à ceux qui sont dans les ZEP qu'on leur donne davantage", a déclaré Vincent Peillon sur RTL. Or d'après la Cour des comptes, on dépense 50% d'argent public en plus "pour un élève du centre parisien que pour un élève de Créteil", académie la plus en difficulté.

Vincent Peillon le 8 janvier 2014 à l'Assemblée nationale à Paris [Martin Bureau / AFP/Archives]
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Vincent Peillon le 8 janvier 2014 à l'Assemblée nationale à Paris
 

L'éducation prioritaire concerne 20% des écoliers et collégiens . L’objectif est que "l'écart de performance scolaire entre ces élèves et les autres "soit réduit à 10%, il est de plus de 30% aujourd'hui", a indiqué M. Peillon.

"Nous mettrons l'argent public là où il est le plus efficace", a-t-il expliqué, "tout cela est programmé" dans la loi sur l'école jusqu'en 2017 et ne demande pas de dépense supplémentaire", a-t-il précisé. "Ce serait 300 à 400 millions qui seraient réaffectés prioritairement dans ces zones", a-t-il indiqué.

 

Profs soutenus

 

Un élève au collège [Damien Meyer / AFP/Archives]
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Un élève au collège
 

Davantage de moyens seront donc donnés aux réseaux (écoles et collèges) les plus difficiles, 100 dans un premier temps à la rentrée 2014, 350 à la rentrée 2015, baptisés REP+. Au total, un millier de réseaux relèveront de l'éducation prioritaire et personne n'y perdra, assure-t-il dans un entretien au Parisien.

Les réseaux seront sélectionnés sur des critères sociaux , en tenant compte de l'origine socio-professionnelle, la part d'élèves boursiers, habitant en zones urbaines sensibles et/ou ayant au moins un an de retard à l'entrée en 6ème.

L'un des principaux problèmes des établissements prioritaires est d'attirer et de garder les professeurs. Une partie s'en va dès qu'ils ont accumulé assez de points, sans faire bénéficier de leur expériences leurs collègues débutants voire des contractuels, qui se retrouvent démunis face à des élèves à faible niveau et pour qui l'intérêt même d'aller à l'école peut ne pas aller de soi.

Cette rotation rend plus difficile la mise en place de projets pédagogiques sur la durée.

Pour attirer et retenir les enseignants, M. Peillon a annoncé une revalorisation des primes: doublement dans les établissements les plus difficiles, hausse de 50% dans les autres.

Les élèves d'un collège le jour de la rentrée scolaire [Jeff Pachoud / AFP/Archives]
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Les élèves d'un collège le jour de la rentrée scolaire
 

Reconnaissance de la lourdeur de leur tâche, les professeurs auront aussi des décharges horaires: 1H30 de cours en moins à assurer par semaine dans les collèges les plus difficiles, tandis que les professeurs des écoles auront neuf journées libérées par an. Ce temps doit permettre un suivi personnalisé des élèves, du travail d'équipe, des rencontres avec les parents...

L'acclimatation des enseignants sera favorisée : trois jours de formation au moins par an pour les nouveaux nommées en éducation prioritaire, tutorat, présentation de l'établissement avant la prise en fonction.

Les profs seront aussi soutenus humainement et financièrement: le travail d'équipe sera animé par un coordonnateur, des formateurs les accompagneront. Des moyens seront attribués pour mettre en oeuvre les projets des établissements sur quatre ans.

Les conditions de travail des élèves de 6ème changeront aussi, avec un accompagnement éducatif en petit groupe, avec un enseignant ou un assistant d'éducation: aide aux devoirs, soutien méthodologique, tutorat... D'abord dans les établissements les plus difficiles, puis dans tous les collèges de l'éducation prioritaire.

 

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