Cambadélis tend la main à gauche et aux écologistes

Jean-Christophe Cambadelis à Paris, le 3 mars 2014  [Lionel Bonaventure / AFP/Archives] Jean-Christophe Cambadelis à Paris, le 3 mars 2014 [Lionel Bonaventure / AFP/Archives]

Après les récentes claques électorales, le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, veut raffermir les liens avec les autres formations de gauche et les écologistes, sans pour autant ressusciter la défunte "gauche plurielle".

"C'est une nécessité que les partis de gauche et les écologistes recommencent à échanger sur le fond et sur la situation politique", explique le premier secrétaire du PS à l'AFP.

Lors des municipales de mars, "le chacun pour soi faisait des ravages, le sectarisme parfois était à l'honneur (dans les rangs de la majorité). On combattait plus la formation voisine que nos adversaires de l'UMP, voire nos ennemis du Front national", se désole-t-il.

Avec pour résultat que "la gauche a été battue" et "personne ne peut dire qu'il a cristallisé une alternative au sein de la gauche. Tout le monde en a conscience. Le PCF s'aperçoit que quand le PS recule, il recule aussi", selon lui.

"Il ne s'agit pas, poursuit Jean-Christophe Cambadélis, de refaire la +gauche plurielle+ ni de refaire +l'union de la gauche+. L'union de la gauche, c'était l'union sur un programme commun. La gauche plurielle, c'était un processus original avec de multiples accords bilatéraux".

Jean-Christophe Cambadélis fut l'artisan de la "gauche plurielle", alliance de différents partis de gauche sous le gouvernement de Lionel Jospin, entre 1997 et 2002. L'"union de la gauche", à partir des années soixante-dix, avait réuni le PS, le Parti communiste et les radicaux de gauche sur la base d'un "Programme commun de gouvernement".

Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'EELV, à Paris le 5 avril 2014 [Alain Jocard / AFP/Archives]
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Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'EELV, à Paris le 5 avril 2014

Pour le dirigeant socialiste, qui s'est entretenu mercredi matin avec plusieurs représentants des formations de gauche et des écologistes, il convient de se voir "plus souvent pour échanger politiquement" et tenter de créer un "espace de confrontations sur les sujets de fond", l'économie, la justice, l'éducation.

De ces "confrontations" peuvent apparaître de "futures convergences". Il ne s'agit pas, insiste-t-il, "d'écrire un nouveau programme commun, mais de bâtir des convergences minimums".

Et pour cela, "il faut comprendre les divergences. Il y a un gros travail de compréhension de l'autre".

- "On part de loin" -

Pour commencer, le numéro un du PS propose une "université permanente de la transition écologique", avec débats, pour essayer de faire apparaître une "position commune". Mais il prône aussi une "coopérative" contre "la fachosphère, extrêmement puissante sur le net".

Rien de plus abouti? "Si je proposais un plan fini, on ne serait pas en état, répond-il. Il faut voir qu'on part de loin. Il y a besoin de travailler, de discuter. On a le temps (...) Je ne veux pas fixer un carcan et dire + voilà le programme du PS+. Nous allons offrir des pistes".

Jean-Luc Mélenchon co-président du "Pari de gauche", à Toulouse le 20 mai 2014  [Eric Cabanis / AFP/Archives]
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Jean-Luc Mélenchon co-président du "Pari de gauche", à Toulouse le 20 mai 2014

Et le Parti de gauche? "A cette étape, je pense que Jean-Luc Mélenchon n'est pas favorable (à la discussion). Mais s'il l'était, pourquoi pas?", évacue prudemment le dirigeant socialiste.

La proposition de Jean-Christophe Cambadélis de retisser les liens à gauche intervient au moment où plusieurs initiatives similaires sont apparues à gauche, au lendemain des échecs électoraux.

La secrétaire nationale d'EELV, Emmanuelle Cosse, a proposé au PS, au MoDem, au PCF et au PG d'élaborer des "propositions concrètes" à destination du gouvernement pour sortir de la "crise politique et morale".

Un "Monde d'avance", l'une des sensibilités de l'aile gauche du PS, organise samedi prochain une réunion sur le thème: "Comment rassembler la gauche?". Et le Front de gauche réfléchit également aux moyens de s'élargir.

Du côté du PRG, du Mup, le mouvement de Robert Hue, ou du MRC, fondé par Jean-Pierre Chevènement, on soulignait mercredi l'utilité des contacts proposés par Jean-Christophe Cambadélis, après la "double baffe" électorale.

Mais pour Emmanuelle Cosse, "la difficulté, ce n'est pas simplement de confronter ses idées. C'est de savoir comment on agit ensemble quand on est au pouvoir. Il faudrait une relation différente entre le gouvernement et sa majorité parlementaire, y compris sur des réformes qui soient davantage partagées et concertées (...) Les parlementaires se sentent meurtris par l'absence de dialogue".

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