Gaza: Villepin dénonce "le massacre perpétré" par Israël

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin le 13 septembre 2014 à Paris [Joel Saget / AFP/Archives] L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin le 13 septembre 2014 à Paris [Joel Saget / AFP/Archives]

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin dénonce le "massacre qui est perpétré à Gaza" par Israël, appelle à une interposition de l'ONU dans les territoires occupés et à des sanctions contre l'Etat hébreu, dans une tribune virulente publiée vendredi par Le Figaro.

"Lever la voix face au massacre qui est perpétré à Gaza, c'est aujourd'hui, je l'écris en conscience, un devoir pour la France", écrit Dominique de Villepin qui ajoute que "par soumission à la voix du plus fort, la voix de la France s'est tue, celle qui faisait parler le général de Gaulle au lendemain de la guerre des Six-Jours, celle qui faisait parler Jacques Chirac après la deuxième intifada".

" Comment comprendre aujourd'hui que la France appelle à la «retenue» quand on tue des enfants en connaissance de cause? ... Comment comprendre que la première réaction de la France, par la voix de son président, soit celle du soutien sans réserve à la politique de sécurité d'Israël?", s'exclame-t-il.

L'armée israélienne, qui a déclenché les hostilités le 8 juillet et est entrée dans la bande de Gaza le 17 juillet, a conclu jeudi soir un nouveau cessez-le-feu de 72 heures avec le Hamas palestinien qui entre en vigueur vendredi à 05H00 GMT.

Avec environ 1.450 morts et plus de 8.300 blessés, en grande majorité des civils, cette guerre est au moins aussi meurtrière que Plomb Durci (2008-2009) qui avait déjà été déclenchée pour mettre un terme aux tirs de roquettes du Hamas. Parmi les morts figurent au moins 242 enfants selon l'Unicef.

L'armée israélienne a pour sa part perdu 56 soldats, ses pertes les plus lourdes depuis la guerre contre le Hezbollah libanais en 2006.

"Il n'y a pas en droit international de droit à la sécurité qui implique en retour un droit à l'occupation et encore moins un droit au massacre", s'insurge l'ancien Premier ministre qui estime qu'Israël "ne peut se prévaloir du fait que le Hamas instrumentalise les civils pour faire oublier (qu'il) assassine ces derniers".

"Oui il y a une terreur en Palestine et en Cisjordanie, une terreur organisée et méthodique appliquée par les forces armées israéliennes, comme en ont témoigné de nombreux officiers et soldats israéliens écœurés par le rôle qu'on leur a fait jouer", écrit-il encore.

"Il n'y a aujourd'hui ni plan de paix, ni interlocuteur capable d'en proposer un", regrette-t-il en dénonçant l'absence de "partenaire en Palestine ... Il n'y a plus de partenaire pour la paix en Israël ... il n'y a plus non plus de partenaire sur la scène internationale".

Parmi les "outils" il propose des sanctions contre Israël. "Cela passe par un vote par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution condamnant l'action d'Israël ... Cela signifie concrètement d'assumer des sanctions économiques ciblées et graduées".

Enfin, Dominique de Villepin propose d'imposer une "interposition" par "la mise sous mandat de l'ONU de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem Est, avec une administration et une force de paix internationales."

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