Corse : le retrait du FLNC favoriserait le dialogue

Des Corses arrivent à un bureau de vote taggé par le FLNC à Bastia le 30 mars 2014 [Pascal Pochard-Casabianca / AFP/Archives] Des Corses arrivent à un bureau de vote taggé par le FLNC à Bastia le 30 mars 2014 [Pascal Pochard-Casabianca / AFP/Archives]

Le dépôt des armes par le FLNC favorise le dialogue entre les partis insulaires autour des réformes inspirées par les revendications nationalistes, ont souligné dimanche à Corte (Haute-Corse) les indépendantistes de Corsica Libera.

L'annonce par le Front de libération nationale de la Corse (FLNC), le 25 juin, d'un "processus progressif de démilitarisation" pour favoriser une série de réformes votées par l'Assemblée de Corse, dont la majorité est de gauche, a été au coeur des traditionnelles Journées internationales de Corsica Libera.

Le parti indépendantiste, qui compte 3 élus sur 51 (dont un total de 15 nationalistes) à l'Assemblée de Corse avait invité des élus de gauche et de droite à sa réunion dans la capitale historique de l'île.

Les réformes concernent notamment la co-officialité de la langue corse, l'instauration d'un statut de résident pour lutter contre la spéculation foncière et immobilière, la fiscalité et une adaptation de la Constitution française en ce sens.

Pour le dirigeant de Corsica Libera, Jean-Guy Talamoni, "cette initiative majeure du FLNC ouvre une véritable autoroute pour l'ensemble des Corses qui veulent avancer sur la voie des réformes."

Mais, a-t-il ajouté, "rien ne viendra d'une bienveillance parisienne qui n'a jamais existé". Il a ainsi stigmatisé la "méprisante fin de non recevoir aux légitimes demandes de l'Assemblée de Corse" formulée par le ministre l'Intérieur Bernard Cazeneuve lors de sa première visite dans l'île, le 12 juin.

L'initiative du FLNC n'a quasiment pas été commentée au sein du gouvernement.

Invitée aux Journées de Corte, la première secrétaire du Parti socialiste en Corse, Emmanuelle de Gentili, l'a pourtant qualifiée de "fait historique et de démarche courageuse (...) qui renforce la démocratie".

Mme de Gentili, qui est aussi conseillère exécutive de Corse et secrétaire nationale adjointe du PS, a ajouté que "le changement est inexorable mais qu'il ne faut pas se précipiter" et "continuer à avancer en faisant le double travail politique et technique" pour faire admettre la nécessité de mettre en oeuvre les réformes votées à de larges majorités par l'Assemblée de Corse.

 

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