Selon Valls, "si d'ici trois à six mois, la situation ne s'est pas inversée, ce sera foutu"

Manuel Valls le 23 août 2014 à Caen [Charly Triballeau / AFP/Archives]

"Ce sera foutu" pour le gouvernement si la situation de la France ne s'inverse pas "d'ici trois à six mois", avertit le Premier ministre Manuel Valls, cité dans Le Monde publié lundi.
 

"Si d'ici trois à six mois, la situation ne s'est pas inversée, ce sera foutu", s'inquiète le chef du gouvernement, qui affronte un vote de confiance délicat à l'Assemblée nationale mardi.

M. Valls, dont la popularité a nettement chuté ces dernières semaines du fait de mauvais indicateurs économiques et de la désastreuse rentrée politique qu'a dû affronter le gouvernement, s'était publiquement refusé jusqu'à présent à donner un calendrier sur les résultats de la politique de l'exécutif.

Quant à son avenir à Matignon, "je ne resterai pas pour rester, mais pour agir", assure le Premier ministre au quotidien, alors que Le Monde évoque déjà les scénarios d'un troisième Premier ministre avant la fin du quinquennat.

En quête d'une légitimité nouvelle après la grave crise gouvernementale de la rentrée, Manuel Valls sollicite mardi pour la deuxième fois en cinq mois un vote de confiance des députés, deux jours avant une très attendue conférence de presse de François Hollande.

Si Matignon reconnaît un vote "difficile", le Premier ministre devrait bien bénéficier mardi soir d'une majorité pour gouverner. Mais Manuel Valls n'exclut pas de recourir si nécessaire au "49.3", qui permet au gouvernement de faire passer un texte sans amendement, à la seule condition d'avoir engagé sa responsabilité et de ne pas être battu par une motion de censure.

"Pour l'instant, je fais le pari de l'intelligence collective, je ne pars pas avec en tête l'idée du 49.3, mais l'outil existe", explique M. Valls au Monde.Depuis 2008, cette arme parlementaire est toutefois limitée aux textes budgétaires (Etat et Sécurité Sociale) ainsi qu'un autre texte par session.

Les ministres russe, allemand et français des Affaires étrangères se sont réunis lundi en début d'après-midi à Paris pour s'entretenir de la crise ukrainienne, a appris l'AFP de sources diplomatiques française et allemandes.

Le Russe Sergueï Lavrov, l'Allemand Frank-Walter Steinmeier et le Français Laurent Fabius, qui étaient tous trois présents à la conférence internationale sur l'Irak, ont profité de l'occasion pour se rencontrer afin de discuter de l'Ukraine.

Martin Schafer, porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, a notamment fait état de cette "réunion tripartite", qui survient sur fond de violations quasi-quotidiennes du cessez-le-feu du 5 septembre entre Kiev et les séparatistes prorusses pour mettre fin à cinq mois de conflit ayant fait au moins 2.700 morts.

Six civils ont été tués ces dernières 24 heures dans des combats entre l'armée et les insurgés à Donetsk (est), les pires pertes civiles depuis l'établissement du cessez-le-feu.

 

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