Valls obtient la confiance de l'Assemblée nationale

Manuel Valls à l'Assemblée nationale.[JOEL SAGET / AFP]

Manuel Valls s'est réclamé mardi, dans sa déclaration de politique générale, des "valeurs chères à la gauche", en détaillant notamment une baisse d'impôt en 2015 et un geste pour les personnes âgées modestes. Il a obtenu la confiance de l'Assemblée par 269 voix, contre 306 en avril. 31 députés PS se seraient abstenus.

 

L'Assemblée nationale a voté mardi la confiance au deuxième gouvernement Valls par 269 voix, soit une majorité nettement plus faible que celle de 306 voix accordée à son premier gouvernement il y a cinq mois. 53 députés se sont abstenus, dont 31 socialistes selon une source proche du groupe PS. 244 ont voté contre.

Après une rentrée calamiteuse pour l'exécutif, entre gouvernement encore resserré et résultats économiques en berne, ce score apparaît comme un nouveau revers politique, qui ne manquera pas de nourrir la conférence de presse de rentrée de François Hollande jeudi.

"Je sollicite votre confiance car la politique du gouvernement est guidée par les valeurs de la République, des valeurs chères à la gauche -la Nation, le principe d'égalité et de justice- qui s'adressent à tous les Français", avait plaidé un peu plus tôt le Premier ministre pour sa deuxième déclaration de politique générale en seulement cinq mois.

Dans un discours finalement beaucoup plus long que prévu (46 minutes), Manuel Valls s'est montré offensif vis-à-vis de Bruxelles et de l'Allemagne et a par ailleurs répliqué à la "provocation" et à la "surenchère" que constituent à ses yeux les propositions du Medef. Deux déclarations à même de plaire à l'aile gauche du PS, qui se détourne du Premier ministre.

 

 

En matière budgétaire, "la France décide elle seule de ce qu'elle doit faire", a lancé M. Valls, appelant à un "dialogue sincère et exigeant entre la France et l'Allemagne", alors que le gouvernement prévoit un déficit de 4,4% cette année et de 4,3% en 2015, nettement au-delà des plafonds européens.

Quant aux propositions du Medef (supprimer de jours fériés, assouplissement des 35 heures ou du SMIC), "personne, et je le dis clairement au patronat, ne doit prendre le risque d'affaiblir, par je ne sais quelle provocation, par je ne sais quelle surenchère, l'indispensable dialogue social qui est la marque de ce quinquennat", a tancé M. Valls.

 

Réformer, ce n'est pas diminuer les salaires

"Réformer, ce n'est pas réduire le Smic. Réformer, ce n'est pas supprimer le CDI. Réformer, ce n'est pas diminuer les salaires dans la fonction publique. Réformer, ce n'est pas casser notre modèle social", a-t-il poursuivi. Ce modèle "n'a pas vécu", selon M. Valls, répliquant là encore au patron des patrons Pierre Gattaz.

Disant croire "à la main visible de l'Etat" ou citant les ouvriers parmi les composantes essentielles des entreprises, le Premier ministre a multiplié les signaux à gauche.

Annonces principales : la baisse d'impôt sur le revenu concernera 6 millions de ménages en 2015, contre 4 millions cette année, même si aucun montant n'a été cité; le minimum vieillesse aura un petit coup de pouce (800 euros contre 792 actuellement), tandis que les petites retraites (moins de 1.200 euros) bénéficieront d'une prime exceptionnelle, d'un montant là encore non annoncé.

 

Signaux à gauche

"Personne n'aspire à devenir chômeur, ni à le rester", a également lancé M. Valls, répondant à la polémique sur la sortie du ministre François Rebsamen sur les contrôles des chômeurs.

En agissant ainsi, Manuel Valls, qui espère rebondir après une rentrée catastrophique, se montre soucieux de rassembler son camp lors du vote en fin de journée.

Les 18 députés écologistes qui, la semaine dernière, n'écartaient pas tous un vote hostile, ont décidé mardi matin à la quasi-unanimité de s'abstenir, comme le feront probablement une trentaine de socialistes frondeurs.

Les abstentions, qui s'étaient élevées au total à 26 -dont onze socialistes et six écologistes- lors du précédent vote de confiance du 8 avril, seront donc nettement plus nombreuses cette fois-ci. Mais vraisemblablement pas au point de renverser le rapport de forces entre les "pour" et les "contre" (306 contre 239 il y a cinq mois).

La majorité qu'obtiendra le Premier ministre devrait en revanche n'être que relative (sous les 289 voix), ce qui serait sans conséquence pratique, mais constituerait un revers politique.

Après ce scrutin, la course d'obstacles pour le couple Hollande-Valls se poursuit : conférence de presse du président jeudi, annonce en fin de semaine de la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidence de l'UMP et difficiles débats budgétaires, prochain rendez-vous fixé par la "fronde".

 

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