Hollande garde son cap

Le président François Hollande lors de la conférence de presse du jeudi 18 septembre. [PATRICK KOVARIK / AFP]

Intervention en Irak, budget, popularité, présidentielle, exemplarité… Le président, à mi-mandat, a mis hier les choses au point.

 

C’était un passage obligé… et décisif. François Hollande donnait ce jeudi la quatrième conférence de presse de son mandat, dans un contexte plus périlleux que jamais. Après une rentrée difficile, marquée par l’éviction des représentants de l’aile gauche de son gouvernement, et deux jours après le vote de confiance de son Premier ministre, qui a vu Manuel Valls ne conserver qu’une majorité relative à l’Assemblée, le Président a voulu profiter de ce rendez-vous pour indiquer «là où [il voulait] conduire la France».

Comme il l’avait déjà fait lors de sa dernière rencontre avec les journalistes, le chef de l’Etat a refusé de parler de sa vie privée. Il ne s’est pas non plus attardé sur le chômage, préférant se concentrer sur la politique étrangère et budgétaire, mais aussi sur la rupture qui semble consommée entre lui et les Français.

 

Le soutien aérien en Irak pour combattre l’Etat islamique

Le Président a commencé par s’étendre sur la politique étrangère. «Le monde est menacé par un terrorisme qui a changé de dimension», a-t-il déclaré, avant d’annoncer un soutien aérien à l’Etat irakien pour repousser les attaques de l’Etat islamique. «Nous n’irons pas au-delà», a-t-il précisé, excluant de facto tout déploiement de troupes au sol et toute intervention militaire hors d’Irak, notamment en Syrie.

 

La défense des arbitrages budgétaires face à une croissance faible

Alors que l’annonce de baisses d’impôts supplémentaires, mercredi, a été accueillie fraîchement par des Français désabusés, François Hollande a martelé que neuf millions de contribuables allaient bénéficier de coups de pouce fiscaux entre 2014 et 2015. Il a également assuré que cela ne serait compensé ni par des hausses pour le reste des contribuables, ni par une augmentation de la TVA.

Pour trouver les 2 milliards d’euros de manque à gagner, l’exécutif compte donc réduire d’autant ses dépenses. Quant au sacro-saint objectif des 3 % de déficit, repoussé à 2017, le chef de l’Etat a justifié le retard pris par la France : «Il faut adapter le rythme» en période de faible croissance.

 

La lucidité vis-à-vis d’une popularité à son plus bas niveau

Evoquant une «succession d’épreuves» économiques et politiques, François Hollande a reconnu «un climat de défiance lourd». Il a cependant appuyé sa légitimité sur le vote de confiance accordé à Manuel Valls, sans lequel il aurait prononcé la dissolution de l’Assemblée nationale.

A plusieurs reprises, le chef de l’Etat a paru très lucide sur la dégringolade de sa côte de popularité, redescendue à 13 %. «Les résultats tardent à venir, je le sais, je le vois», a-t-il assuré, en réclamant toutefois d’être jugé à la fin de son quinquennat.

 

La posture d’un président plus que celle d’un candidat pour 2017

La question est revenue chez de nombreux journalistes. François Hollande compte-t-il se présenter à sa réélection quand tous les indicateurs sont au rouge ? «Je suis président, pas candidat. Je serai président jusqu’au bout», a-t-il par répondre l’intéressé, se positionnant comme un homme conduit par le «devoir» plutôt que par l’ambition politique. Quant à l’éventuel retour de Nicolas Sarkozy, il a refusé de le commenter.

 

La transparence saluée après l’affaire Thomas Thévenoud

Comme pour prendre les journalistes de vitesse, le Président a abordé l’affaire Thévenoud dès son propos liminaire, sans toutefois prononcer le nom de l’ancien secrétaire d’Etat, débarqué du gouvernement neuf jours après y être entré en raison d’irrégularités dans le paiement de ses impôts.

Jugeant que le député n’était «pas digne de rester à l’Assemblée nationale», François Hollande a tenu à saluer la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique qui «fait très bien son travail» depuis sa mise en place, après le scandale de l’affaire Cahuzac.

 

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