PS : des députés frondeurs sanctionnés

L'Assemblée nationale. L'Assemblée nationale. [AFP ]

Certains députés frondeurs ont été écartés de commissions clés de l'Assemblée nationale, a annoncé le président du groupe PS Bruno Le Roux. Une décision qui passe mal auprès des députés concernés. 

 

Le président du groupe socialiste à l'Assemblée, Bruno Le Roux, a annoncé mardi la mise à l'écart de certains députés "frondeurs" de commissions clés comme les Affaires sociales, provoquant une poussée de tension au sein du groupe.

A l'occasion du renouvellement annuel de la composition de ces commissions, Bruno Le Roux a procédé à des changements concernant 26 des 289 députés socialistes, annoncés mardi matin lors de la réunion du groupe socialiste.

Cinq élus doivent notamment quitter la commission des Affaires sociales contre leur gré, mais le chef de file du groupe PS a assuré en réunion que "ce ne sont pas des sanctions". 

 

Colère des députés écartés

"On débat vivement des +déplacements+ de députés", a rapporté un frondeur. "La purge des frondeurs passe mal" et "Catherine Lemorton est ivre de rage contre Bruno Le Roux", fâchée notamment d'avoir appris par SMS les changements dans la commission qu'elle préside, a affirmé un autre participant. Cette présidente de commission a insisté auprès de l'AFP sur le besoin d'avoir "des gens politiquement et techniquement forts sur les budgets sociaux et surtout sur la loi Santé qui arrive".

Christian Paul, Gérard Sebaoun, Fanélie Carrey-Conte, Barbara Romagnan et Linda Gourjade qui se sont abstenus lors du vote de confiance au gouvernement de Manuel Valls le 16 septembre ont été ainsi remplacés au sein de la commission des Affaires sociales par des socialistes soutenant le gouvernement, a indiqué Jean-Marc Germain, proche de Martine Aubry, avant la réunion.

"On ne règle pas au groupe socialiste des problèmes politiques par une purge. Nous (les frondeurs) ne sommes pas favorables à la remise en cause des prestations familiales, comme la prime naissance ou la réduction du congé parental. Donc sortir de la commission des Affaires sociales des parlementaires qui défendent cette position serait une très mauvaise chose", a jugé son collègue Christian Paul.

 

"S'assurer une majorité en commission"

Devant la presse, Patrick Mennucci a déclaré que "c'est normal: ils ont franchi une ligne en ne votant pas la confiance et il faut s'assurer d'une majorité en commission des Affaires sociales sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale". "C'est pas une purge, il ne faut pas exagérer, Jean-Marc Germain a vu son voeu exaucé", a ajouté l'élu des Bouches-du-Rhône.

M. Germain avait pris les devants en annonçant son souhait de quitter la commission des Affaires sociales pour celle des Affaires étrangères. Mais, a estimé Christophe Borgel, ces changements de postes "n'intéressent pas les Français".

Tout député peut participer aux débats sur tel ou tel texte dans n'importe quelle commission, mais seuls les membres ont le droit de vote dans leur commission.

 

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