Au Danemark, Valls défend la relance

Le Premier ministre Manuel Valls est actuellement au Danemark pour rencontre le ministre de l'Economie du pays.[AFP]

Et de cinq. Après l’Italie, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, Manuel Valls est arrivé jeudi soir au Danemark, où il doit rester jusqu’à ce vendredi après-midi.

 

Cette nouvelle étape dans un tour d’Europe entamé à la rentrée doit notamment permettre au Premier ministre de rencontrer le ministre de l’Economie danois, Morten Ostergaard, ainsi que les acteurs de l’économie ­locale.

Réforme, croissance et inves­tissement ont en effet été au cœur de la série de visites officielles que le chef du gouvernement français a rendu à ses partenaires européens.

 

Réformes contre investissement

Son premier arrêt, en Italie, début septembre, avait permis à Manuel Valls de s’afficher avec le président du Conseil italien, Matteo Renzi, avec lequel il partage un positionnement de gauche ­sociale-libérale. Et, déjà, de plaider contre les mesures d’austérité en ­Europe.

En Allemagne et en Grande-Bretagne, la mission était sensiblement plus délicate. Le Premier ministre s’était attaché à défendre les réformes économiques menées par son gouvernement, comme les 21 milliards d’économies prévus dans le budget 2015.

De quoi rompre avec l’image d’Etat incapable de contenir ses dépenses et son déficit public que la France traîne toujours devant ces deux pays. Mettant en avant les ­mesures adoptées pour redonner des marges aux entreprises et juguler le ­dérapage des dépenses, Manuel Valls avait marqué les esprits en déclarant son amour au patronat.

Autant de gages donnés à ses partenaires pour que ces derniers acceptent de faire de l’investissement en Europe une priorité.

Car, pour le locataire de Matignon, l’enjeu était également de convaincre ses voisins de la nécessité de mettre la main au porte-monnaie pour soutenir une croissance européenne trop timide. "Il faut savoir investir", avait-il lancé à ­Angela Merkel, dans l’espoir que cette dernière donnerait son feu vert au déblocage de fonds publics.

 

L’Europe va-t-elle suivre ?

Si la chancelière allemande est restée ­inflexible, crispée sur l’importance de la maîtrise budgétaire, Manuel Valls pourrait trouver une oreille plus attentive à la Commission européenne.

En effet, son nouveau président, Jean-Claude Juncker, a annoncé cette semaine un "plan de croissance" de 315 milliards d’euros. Destiné à doper l’investissement, ce dispositif se concentrerait sur des secteurs porteurs, comme le numérique.

Les prières de Paris auraient-elles été entendues ? "Il va falloir aller plus loin", a ­reconnu François Hollande. Ce plan n’est doté que de 21 milliards d’euros de fonds publics, ce qui est "insuffisant", selon un rapport d’économistes franco-allemand publié jeudi.

Pour le reste, Bruxelles et la Banque européenne d’investissement misent sur un effet de levier et le bon vouloir des Etats membres. Si l’Allemagne a accordé à la Commission un "soutien de principe", Angela Merkel a souligné que tout dépendrait des projets sélectionnés pour recevoir de l’aide.

Les discussions s’annoncent épineuses. Et la France, épinglée comme la mauvaise élève de l’Europe, n’est pas en position de force pour négocier. 

 

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