Jacques Barrot est mort

Jacques Barrot en 2008.[DOMINIQUE FAGET / AFP]

L'ancien ministre centriste et ex-commissaire européen Jacques Barrot, membre du Conseil constitutionnel depuis 2010, est décédé subitement mercredi midi à 77 ans dans le métro parisien, a-t-on appris de sources parlementaires, confirmant une information de France Bleu Saint-Etienne.

 

Selon une source policière, il a fait un "malaise" au niveau du métro Sablons à Neuilly-sur-Seine et a été pris en charge par les secours.

Jacques Barrot, 77 ans, ancien chiraquien de l'UDF, décédé mercredi à 77 ans, avait été nommé au Conseil constitutionnel en 2010 après avoir siégé à la Commission européenne.

Co-fondateur en 1999 du Club Dialogue et Initiative, ce centriste de l'UDF avait intégré en 2002 le comité d'orientation de la campagne de Jacques Chirac pour l'élection présidentielle, puis le comité exécutif de l'UMP dont il est toujours membre.

Il a occupé à plusieurs reprises des fonctions gouvernementales ces 30 dernières années, notamment comme ministre du Commerce et de l'Artisanat (1978-1979) et ministre de la Santé et de la Sécurité sociale (1979-1981) de Raymond Barre puis ministre du Travail et des Affaires sociales (1995-1997) d'Alain Juppé.

Spécialiste des questions sociales, il a eu une longue carrière de député de la Haute-Loire (1967-1974, 1981-1995 et 1997-2004) avec des interruptions pour cause de responsabilités gouvernementales, et a présidé le Conseil général de la Haute-Loire de 1976 à 2004.

Jacques Barrot est né le 3 février 1937 à Yssingeaux (Haute-Loire), dont il a été maire de 1989 à 2001, date à laquelle il ne s'est pas représenté. Licencié en droit, certifié d'études supérieures de sociologie et diplômé de l'Institut des sciences politiques de Paris, il s'inscrit au barreau de Paris en 1969.

Deux ans auparavant, il avait été élu à l'Assemblée nationale, succédant à son père, député MRP de Haute-Loire de la Libération à 1966. Après plusieurs mandats, il avait cédé en 2004 son siège à son suppléant, Laurent Wauquiez.

Jacques Barrot a exercé à cinq reprises des fonctions ministérielles, commencées comme secrétaire d'Etat au Logement dans les gouvernements de Jacques Chirac puis de Raymond Barre.

Co-fondateur en 1969 du Centre Démocratie et Progrès (CDP), il participe à la création du Centre des Démocrates-Sociaux (CDS, composante de l'UDF), dont il sera secrétaire général (1976-77 puis 1983-1991).

De 1998 à 2002, il est membre du conseil de la présidence de l'UDF avant de présider le groupe UMP à l'Assemblée nationale. Il laissera sa place à la tête du groupe à Bernard Accoyer pour rejoindre Bruxelles. 

Président du comité départemental de la fédération UMP de la Haute-Loire, Jacques Barrot préside l'association du festival de musique sacrée de la Chaise-Dieu (Haute-Loire) depuis juin 2009.

En 2010, il avait été nommé au Conseil constitutionnel sur proposition de l'ancien président UMP de l'Assemblée, Bernard Accoyer. Catholique pratiquant, il était marié et père de trois enfants.

 

Voici des réactions politiques au décès de l'ancien ministre centriste Jacques Barrot :

- Jean-Claude Juncker, président de la commission européenne : "Je suis attristé par la nouvelle du décès de mon ami. J'ai fait sa connaissance en 79, j'étais un tout jeune homme politique, il était ministre de la Santé en France, nous nous sommes rencontrés dans son ministère et nous ne nous sommes plus quittés depuis. J'ai beaucoup apprécié le travail qui fut le sien en tant que ministre français, j'ai plus qu'apprécié son travail en tant que commissaire français à Bruxelles. C'est une mort qui me rend triste, la France vient de perdre un grand monsieur et je pleure sa mort" (déclaration lors d'une conférence de presse à Bruxelles)

- François Bayrou, président du MoDem: "C'est un choc pour tous ceux qui ont partagé cette aventure politique qu'a été l'histoire du centre en France, spécialement dans le grand courant de la démocratie chrétienne. Jacques Barrot était passionnément européen, passionnément modéré et il a tout au long de sa vie essayé de concilier une exigence sociale avec la réalité économique. Il a été l'un des responsables les plus importants, tout au long des années, des divers visages du centre, depuis le CDP jusqu'à l'UDF en passant par le CDS dont il a été le premier secrétaire général. Il n'a jamais fait aucune concession sur le grand sujet de la construction européenne, ayant trouvé dans sa responsabilité de commissaire européen, notamment à la justice, la consécration que méritait son engagement. Pour nous tous c'est un ami qui s'en va, un grand législateur et un défenseur de valeurs, qui a été le pilier de toute une vie pour toute une famille politique (déclaration à l'AFP)

- Jean-Louis Borloo, ancien ministre et ex-président de l'UDI: "La démocratie chrétienne, française et européenne, l'humanisme et l'Europe comme projet historique rassemblant les hommes sur des valeurs sont en deuil aujourd'hui, Jacques Barrot ayant tiré sa révérence. Il y a moins de 15 jours, nous étions, il était à Tanger pour promouvoir l'Europe et le nécessaire projet Europe-Afrique. Notre famille politique est triste. Nous pensons très forts à ses proches" (communiqué)

- Bernard Accoyer, député UMP et ancien président de l'Assemblée nationale: "Infinie tristesse d'apprendre la disparition brutale de mon ami Jacques Barrot avec qui j'ai eu l'honneur de présider le groupe UMP entre 2002 et 2004" (tweet) "Jacques Barrot était un passionné de la chose publique, qui a toujours cherché à placer le dialogue républicain à un haut niveau d'exigence morale, au-delà des clivages politiques" (communiqué)

- Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI: "La disparition brutale de notre ami Jacques Barrot nous frappe et nous touche profondément. Jacques était un humaniste et un démocrate-chrétien comme moi et c'est à ses côtés, au CDS dont il était Secrétaire général, que j'ai débuté mon engagement politique. Notre famille politique perd un de ses membres les plus éminents et les plus exemplaires. La France perd un grand et inlassable serviteur de notre pays, empreint d'une foi et d'un humanisme hors norme dont il a fait preuve dans toutes les responsabilités parlementaires, ministérielles et européennes qu'il a occupé" (communiqué)

- Christian Jacob, président du groupe des députés UMP: "tient à exprimer sa profonde émotion et sa grande tristesse à l'annonce de la mort de Jacques Barrot. Président du Groupe UMP en 2002, au moment de la fondation de l'UMP, il a toujours veillé à expression des différentes sensibilités de notre famille politique. Figure emblématique de la démocratie chrétienne, grand serviteur de l'Etat : ministre à plusieurs reprises, président du Groupe UMP, Commissaire européen et membre du Conseil Constitutionnel, il a marqué de son empreinte la vie politique de notre pays pendant 40 ans" (communiqué)

 

 

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