Hollande veut "arracher les électeurs" au FN

François Hollande le 9 janvier 2015. [THIERRY CHESNOT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

François Hollande a une nouvelle fois mercredi mis en garde contre le FN, dont il dit vouloir "arracher les électeurs", le parti se faisant aussitôt une joie, Marine Le Pen en tête, de le renvoyer dans les cordes sur le terrain économique et social.

 

Face à un Front national donné en tête, autour de 30% d'intentions de vote, pour les élections départementales des 22 et 29 mars, "la seule attitude à avoir, c'est d'aller chercher (les électeurs frontistes), les arracher même pour leur parler et les convaincre", explique le chef de l'Etat dans Le Parisien/Aujourd'hui en France.

"Car si le FN est dans la République, puisqu'il participe aux élections, c'est tout sauf le parti de la République. Ses propositions sont autant de reculs pour notre pays et pour ses électeurs", met-il en garde.

 

Un échec collectif

"C'est un échec collectif quand un parti d'extrême droite est le premier parti de France", souligne aussi M. Hollande.

Avec ces déclarations, qui ont fait la Une du Parisien et que le chef de l'Etat a tenues lors d'une rencontre avec des lecteurs, M. Hollande met une nouvelle fois l'accent sur le parti d'extrême droite.

 

Inquiétude face à la progression du FN

Déjà, à l'ouverture du salon de l'Agriculture le 21 février, il n'avait guère caché --il n'a pas été le seul-- son inquiétude face au niveau électoral du FN, en tête des européennes de mai 2014 et qui est parvenu en septembre dernier à faire élire pour la première fois deux sénateurs.

"Je m'inquiète à chaque fois que je vois le populisme en Europe progresser, l’extrémisme et la contestation de ce qui est le fondement même de la République", avait fait valoir le président.

 

"La seule opposition" au PS

Sa déclaration en tout cas ne peut, au moins officiellement, que ravir le FN, qui ne cesse de se présenter comme "la seule opposition" au pouvoir socialiste face à une UMP qui serait réfugiée dans le mutisme ou la complicité.

Filant la métaphore de l'arrachement, Marine Le Pen a aussitôt réagi sur iTELE : "Quand on est président de la République, on doit arracher les Français à la misère, au chômage, à l'insécurité, au danger de l'islamisme fondamentaliste et on ne doit pas être un chef de parti."

 

Le "Toc de la classe politique"

"Le FN est devenu le Toc de la classe politique française. C'est le trouble obsessionnel compulsif. Dès qu'on leur tend un micro, ils n'ont aucune proposition si ce n'est lutter contre le Front national", a raillé la présidente du FN.

Son parti a d'ailleurs récemment dévoilé un tract sur le sujet. Au recto, les propositions du parti pour les départementales. Au verso, sur fond noir, en gros, "Le PS, l'UMP" et en plus petit, "l'UDI, le MoDem, les Verts, le Front de Gauche... proposent : 1/ de lutter contre le FN 2/ de lutter contre le FN 3/ de lutter contre le FN", etc.

 

Réactions des dirigeants FN sur les réseaux sociaux

Les dirigeants du FN ont embrayé rapidement sur twitter sur le même registre : "en dehors de sa lutte obsessionnelle contre le FN, Hollande a-t-il des idées pour sortir les Français de la crise?" s'est ainsi interrogé le vice-président du parti, Louis Aliot. "Après avoir traité des millions de Français de sans-dents, Hollande les assimile à de la mauvaise herbe", s'amuse aussi Eric Domard, conseiller spécial de Mme Le Pen.

Mais avec cette phrase, Hollande ne fait pas que s'en prendre au FN, il répond au slogan de "FNPS" lancé lundi par son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, salué par certains à l'UMP mais aussi vu comme une formule "réductrice" par François Fillon.

La numéro deux de l'UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet, est-elle en accord avec cette "formule choc" et a conseillé sur RTL au chef de l'Etat de plutôt "parler d'économie, de chômage, de tout qu'il y aurait à faire et qu'il ne fait pas plutôt que faire des formules dans la presse".

 

©iTélé

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