Hidalgo : "nous pouvons changer la donne en matière de pollution"

Anne Hidalgo reçoit jeudi les représentants de trente métropoles européennes en vue de la COP21. Anne Hidalgo reçoit jeudi les représentants de trente métropoles européennes en vue de la COP21. [Joel Saget / AFP/Archives]

En vue de la conférence mondiale sur le climat (COP21), prévue dans huit mois à Paris, Anne Hidalgo reçoit jeudi les représentants de trente métropoles européennes à l’Hôtel de Ville. Objectif : mutualiser les efforts en matière de lutte contre la pollution et de préservation de l’environnement. 

 

Que permettrait concrètement le partenariat entre les différentes métropoles ?

C’est avant tout un signal d’unité et de mobilisation très fort, envoyé par les maires des grandes villes européennes à quelques mois de la Conférence mondiale sur le Climat. Si les villes concentrent les défis face au dérèglement climatique, elles inventent également les solutions les plus innovantes. Nous pouvons changer la donne en posant des actes communs et concrets. Paris va donc par exemple lancer un premier achat groupé de bennes à ordures respectueuses de l’environnement, avec Rome et Bruxelles.

 

Donnera-t-il plus de poids aux villes dans leurs politiques liées à l'environnement ?

L’objectif est de créer grâce la commande publique un effet de levier sur le secteur industriel, afin d’encourager des productions plus écologiques. C’est exactement ce qui s’est passé il y a trois ans avec le lancement d’Autolib’, qui a donné un coup d’accélérateur très bénéfique à l’ensemble du secteur des voitures électriques. Nous voulons ainsi démontrer par l’exemple que des progrès sont aujourd’hui possibles dans une démarche d’action locale au service d’un engagement global.

 

Parfois, la pollution est importée. Une action coordonnée permettrait-elle d'en finir avec ce type de phénomène ?

Dans les pays les plus développés, la pollution n’est pas tant importée qu’exportée. Il faut donc poser l’équation d’une façon globale. La lutte contre le dérèglement climatique comme la préservation de l’environnement et de la santé est un défi planétaire : parce que les conséquences des émissions de gaz à effet de serre ou des émissions polluantes ne s’arrêtent pas aux frontières, mais aussi parce que les solutions concrètes se pensent à tous les échelons : celui des États mais aussi celui des gouvernements locaux, des entreprises, et des citoyens. Relever ce défi global implique de modifier nos modes de production et de consommation, au profit d’une économie circulaire, une économie plus sobre en énergie et en matière première, créatrice d’emplois et de liens sociaux.

 

Quels exemples Paris peut-elle prendre sur les autres grandes villes européennes ?

Je pense par exemple à la Journée sans Voitures qui est organisée depuis plusieurs années à Bruxelles, que Paris va adapter et mettre en œuvre, le 27 septembre prochain. Le cas de Berlin et de ses zones environnementales interdisant la circulation aux véhicules les plus polluants est également très intéressant. C’est une mesure que nous réfléchissons à décliner dès cet été de manière anticipée dans le cadre des zones de circulation restreinte prévues par le projet de loi de transition énergétique.

 

Le dernier épisode de pollution a été particulièrement long et intense. Un avertissement avant la COP21 ?

Les épisodes de pollution sont malheureusement trop fréquents en Ile-de-France, même si Airparif a bien montré que la qualité de l’air s’est globalement améliorée sur Paris depuis 2001, notamment grâce au volontarisme politique dont notre municipalité a su faire preuve. Au-delà des mesures d’urgence que nous devons pouvoir mettre en œuvre plus rapidement, il nous faut continuer à agir sur le fond. C’est le sens du plan de lutte contre la pollution que nous avons adopté en février. Notre mobilisation quotidienne pour la qualité de l’air est un élément clé de la préparation de la COP21.

 

La circulation alternée a montré ses limites à Athènes et dans plusieurs villes d'Italie. Quelle autre solution d'urgence est envisageable ?

Les solutions d’urgence ont un seul et unique rôle : celui de protéger la population d’un danger avéré. C’est le cas de la circulation alternée qui est évidemment impropre à résoudre seule le problème de la pollution. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de mettre en place des mesures pérennes, basées sur les caractéristiques environnementales des véhicules et non sur leur numéro de plaque. Dans cet esprit, nous souhaitons mettre en place une zone à circulation restreinte, dans laquelle tous les véhicules les plus anciens seront interdits dès juillet 2016. Dans le même temps, nous voulons anticiper cette zone avec une interdiction dès l’été 2015 des poids lourds et des autocars les plus polluants.

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