Hollande se pose en défenseur de l'industrie

François Hollande s'est rendu sur le site des Forges de Trie-Château vendredi 3 avril 2015. [ALAIN JOCARD / POOL / AFP]

François Hollande a renoué vendredi avec la défense de l'industrie qui a "un avenir en France", et a annoncé une série de mesures pour l'investissement en faveur des entreprises.

 

Le chef de l'Etat était en visite aux Forges de Trie-Château (Oise), site qui a échappé à la faillite en 2008, repris par le groupe Lebronze alloys. Un "exemple de redressement et de vitalité", a-t-il dit.

M. Hollande a déclaré que la France devrait avoir des "objectifs encore plus élevés" que la prévision officielle de 1% de croissance en 2015. "Notre économie redémarre (...) mais redémarre encore lentement : on parle de plus de 1% de croissance en 2015 mais enfin nous devrions avoir des objectifs encore plus élevés et pour créer de l'emploi il faut avoir plus de 1% de croissance", a-t-il déclaré.

 

L'espoir de Valls

Dans sa note de conjoncture publiée jeudi, l'Insee estime que l'activité augmentera de 0,4% au premier trimestre 2015 puis de 0,3% au deuxième.

Le Premier ministre, Manuel Valls, avait dit "espérer" que la France atteindrait une croissance de 1,5% à la fin de l'année.

 

"Amélioration des marges des entreprises"

"Nous avons également une amélioration des marges des entreprises, c'est-à-dire de leurs résultats. C'est ce que nous avons voulu pour que ces résultats puissent ensuite se traduire soit en embauche, soit en investissement, soit quand c'est nécessaire en salaire", a également déclaré M. Hollande.

Il s'est également félicité de la "reprise de la consommation, parce que les prix des carburants ont baissé, parce que l'inflation est basse, même si les prix restent trop élevés pour ceux qui consomment".

 

"Entrevoir une croissance plus élevée"

"Toutes ces conditions permettent, avec un euro qui est maintenant au niveau du dollar, avec des taux d'intérêts qui sont très, très bas, d'entrevoir une croissance plus élevée, qui doit être plus élevée", a ajouté M. Hollande.

"L'industrie a un avenir en France". "S'il n'y a pas d'industrie, il n'y a pas de vitalité", a affirmé le président, évoquant la défense de la métallurgie française et "la lutte" pour le maintien des emplois, des thèmes rappelant le "redressement productif" des premières années de son mandat.

 

Un dispositif fiscal pour les entreprises qui investissent

"L'Etat va prendre ses responsabilités", a promis le président, qui a annoncé un mécanisme fiscal "exceptionnel" de soutien à l'investissement. "Toutes les entreprises qui décideront d'accélérer leurs projets, d'aller plus vite pour investir, se verront accorder un dispositif fiscal qui améliorera leur trésorerie et la rentabilité de l'opération", a-t-il déclaré devant les salariés et les dirigeants.

Il a également annoncé que les assureurs avaient créé un fonds de 500 millions d'euros pour investir dans le capital des entreprises. "Ce fonds qui va représenter 500 millions d'euros, un demi-milliard, va être directement opérationnel dès le mois prochain", a-t-il assuré.

 

De nouvelles mesures présentées mercredi

Les prêts de développement des entreprises de la Banque publique d'investissement vont par ailleurs être portés à 8 milliards d'euros. En 2014, 1,7 milliard d'euros ont été débloqués dans ce cadre, a assuré bpifrance à l'AFP vendredi, en augmentation de 42% par rapport à 2013.

Les annonces présidentielles seront suivies mercredi d'un nouveau train de mesures économiques présenté par le Premier ministre, dans la foulée d'un Conseil des ministres et d'un séminaire gouvernemental "exceptionnels".

 

Remise en cause du contrat de travail

Se voulant rassurant à l'ouverture vendredi d'une conférence sur la réforme du marché du travail, le chef de l'Etat a assuré que bien que voulant donner "plus de souplesse" pour "faciliter la vie des entreprises", il n'était "pas question de créer de la précarité pour les salariés".

La question de la remise en cause du contrat de travail, que préconisent patronat et économistes libéraux et que refusent les syndicats a été remise sur le tapis après la défaite de la majorité aux départementales. Manuel Valls a cependant assuré mardi que "la remise en cause du CDI n'est pas dans les projets du gouvernement".

 

Vous aimerez aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles