Au FN, les voix s'élèvent contre Jean-Marie Le Pen

Louis Aliot et Jean-Marie Le Pen le 12 janvier à Nanterre, en région parisienne. [Joël Saget / AFP/Archives]

Louis Aliot, vice-président du Front national, a estimé mercredi que "les désaccords politiques" avec Jean-Marie Le Pen étaient "désormais irréconciliables" après l'entretien accordée par le fondateur du FN à Rivarol, "torchon antisémite". Florian Philippot et Gilbert Collard ont également désavoué Jean-Marie Le Pen.

 

Celui qui est par ailleurs le compagnon de la présidente du FN Marine Le Pen, écrit sur son compte twitter : "l'entretien de JMLP dans ce torchon antisémite est parfaitement scandaleux et nos désaccords politiques désormais irréconciliables". "C'est aussi mépriser les militants qui se battent tous les jours pour défendre nos valeurs contre un système de + en + liberticide", poursuit l'eurodéputé dans un second tweet.

 

 

Des propos sur les chambres à gaz condamnés

Louis Aliot, qui fut jadis directeur de cabinet de Jean-Marie Le Pen, se réfère à un entretien à l'hebdomadaire d'extrême droite dans lequel le dirigeant frontiste multiplie les déclarations choc : défense de Pétain et des pétainistes, thuriféraires de la République qui le "gonflent", gouvernement "par des immigrés et des enfants d'immigrés à tous les niveaux", "Valls est Français depuis trente ans, moi je suis Français depuis mille ans"...

Jean-Marie Le Pen, 86 ans, avait déjà suscité une vague de condamnations par des dirigeants du FN pour avoir répété, jeudi dernier, ses propos sur les chambres à gaz "détail" de l'histoire. Louis Aliot cependant n'avait pas encore réagi.

 

"Rupture politique totale et définitive" pour Florian Philippot

Le vice-président du FN Florian Philippot s'est également exprimé sur Twitter, affirmant que la "rupture politique avec Jean-Marie Le Pen est désormais totale et définitive" et que "des décisions seront prises rapidement", alors que le patriarche du FN souhaitait représenter le parti aux régionales de Paca.

 

 

"Ponts rompus" pour Gilbert Collard

Le député proche du FN Gilbert Collard a assuré pour sa part mercredi que les ponts étaient désormais "rompus" avec Jean-Marie Le Pen qui, "selon toute vraisemblance", ne sera pas tête de liste aux régionales en PACA.

Interrogé par iTELE sur les propos du vice-président du FN Louis Aliot, Gilbert Collard a observé : "Il est bien évident que Louis ne fait pas une déclaration sans l'aval de Marine" Le Pen.

 

Position "d'irréconciabilité"

"Il fallait que le moment vienne et il est venu", a commenté l'élu du Gard étiqueté Rassemblement bleu marine (RBM).

"Mais je sais depuis les déclarations dans Rivarol, journal condamné pour des propos antisémites et journal fondamentalement hostile à Marine Le Pen, au RBM à un point inconcevable et au FN que Louis Aliot et tous les autres allaient adopter cette position d'irréconciabilité", a ajouté Me Collard. "Les ponts sont rompus".

 

"L'apologie de Pétain"

Jean-Marie Le Pen, 86 ans, doit-il quitter la présidence d'honneur du parti ? "Il devrait si le règlement intérieur et les statuts le permettent. Mais là, on est dans un carcan juridique sur lequel il faut travailler pour voir si on peut le desserrer".

C'est en tout cas ce que souhaite le député qui ne "peut pas supporter qu'on fasse l'apologie de Pétain" et de son "régime criminel".

 

Marine Le Pen, "une femme de clarté"

"Marine Le Pen fera ce qu'elle doit faire, elle va le faire, c'est une femme de clarté", a dit celui qui est proche de la présidente du parti d'extrême droite.

"Je dois siéger à la commission d'investiture" et "je dirai ce que j'ai à dire et ne serai pas le seul", a-t-il martelé.

 

©iTélé

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