Le PS vers un consensus ?

Quatre motions ont été déposées. [AFP]

Une nouvelle séquence s’est ouverte pour le PS avec le dépôt, officialisé dimanche, des motions qui seront en lice pour prendre la tête du parti lors du congrès national de Poitiers. Organisé en juin, ce rendez-vous est crucial.

 

Fragilisé par ses défaites électorales, des municipales il y a un an jusqu’aux départementales le mois dernier, le PS est aussi affaibli par les tensions qui l’agitent sur les questions socio-économiques. Dans ce contexte, redéfinir ses orientations et sa stratégie est à la fois indispensable pour resserrer les rangs avant 2017, et délicat au vu des risques d’implosion.

L’actuel premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, candidat à sa réélection, espère y parvenir. Avec une motion qui recueille l’approbation du gouvernement et de Martine Aubry, il semble bien engagé sur la voie du consensus.

 

Cambadélis grand favori

Baptisée "Renouveau socialiste", la profession de foi de Cambadélis est, selon son premier signataire, "à vocation majoritaire". Et de fait, "Camba" a fait le choix des "compromis" entre les différentes sensibilités pour rallier le plus de poids lourds à sa cause. C’est ainsi qu’il se retrouve soutenu à la fois par le Premier ministre, Manuel Valls, par Gérard Collomb, chef de file des "réformateurs" en accord avec la politique gouvernementale, et par la maire de Lille, Martine Aubry. Cette dernière avait pourtant rejoint le camp des "frondeurs" de l’aile gauche à plusieurs reprises, n’hésitant pas à qualifier la loi Macron de "régression".

Avec une liste de signataires aussi fournie et diverse, la motion de Jean-Christophe Cambadélis ne laisse que peu de chance à ses rivales, à commencer par celle des frondeurs, emmenée par… un aubryste, le député Christian Paul. Ce courant, "A gauche pour gagner", préconise d’infléchir la ligne économique du gouvernement, notamment en "recentrant les aides aux entreprises". Les deux autres motions en lice sont celles de Karine Berger et de Florence Augier, qui manquent quant à elles de notoriété pour espérer l’emporter.

 

La synthèse, et après ?

Pour le gouvernement, cette configuration est un soulagement. L’hypothèse d’un congrès explosif, transformé en guerre ouverte entre les fidèles de la ligne gouvernementale et ceux qui réclament une inflexion à gauche, s’éloigne avec la présence d’une motion majoritaire, qui plus est favorable à sa ligne économique. Manuel Valls a ainsi salué ce week-end un rapprochement "indispensable" avec Martine Aubry. "Quand ce rassemblement se fait pour la réussite du quinquennat de François Hollande et de l’action du gouvernement que je dirige, c’est une bonne chose", a-t-il estimé.

Mais un autre risque plane avec l’absence de confrontation : celui, pour le PS, de ne pas mener une véritable réflexion sur son identité et se contenter de cacher les tensions sous le tapis. Christian Paul n’a d’ailleurs pas manqué de le souligner : "Si le congrès anesthésie le PS, s’il ne permet pas de rectifier le tir […] il y a fort à parier qu’en 2017 le parti connaisse la pire des difficultés politiques." 

 

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