Une république rénovée ?

Gérard Larcher, président du Sénat, et Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale, entourent François Hollande.[YOAN VALAT / POOL / AFP]

Les présidents de l’Assemblée et du Sénat font une centaine de propositions au total pour vivifier le sentiment d’appartenance républicaine.

 

Faire perdurer l’esprit du 11 janvier. C’est avec cette idée qu’au lendemain des attentats, et de l’élan d’unité nationale qui a suivi, François Hollande avait demandé aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat de travailler ensemble à une «mission de réflexion sur les formes d’engagement et sur le renforcement de l’appartenance républicaine». Claude Bartolone (PS) et Gérard Larcher (UMP) ont, depuis, travaillé chacun de leur côté pour remettre hier leurs deux rapports aux tonalités différentes. Une centaine de propositions au total, dans le but de faire la part belle au civisme.

 

Rendre le vote obligatoire à toutes les élections

Claude Bartolone remet sur la table un sujet maintes fois débattu : le vote obligatoire. Il se dit favorable à son instauration «lors de toutes les élections» pour faire face à un «abstentionnisme croissant» (près de 50 % lors des départementales de mars), sans toutefois se prononcer sur d’éventuelles sanctions.

Le président de l’Assemblée rappelle qu’en 2003 les députés socialistes avaient déjà déposé une proposition de loi en ce sens. «La citoyenneté, c’est un droit mais c’est aussi un devoir», écrit-il. Selon un sondage Harris publié hier, 56 % des Français y seraient favorables.

 

Renforcer l’autorité de l’école et la méritocratie républicaine

Pour Gérard Larcher, et la droite en ­général, l’école doit être «le creuset de la République française» et promouvoir la «méritocratie». Le président du Sénat souhaite que l’autorité du maître soit renforcée et que les établissements scolaires bénéficient d’une «liberté ­pédagogique».

Mettant l’accent sur le civisme, il préconise qu’en cas de «transgressions répétées des enfants aux principes de la République», soit mis en place «la suspension des aides financières», donc des allocations ­familiales, qui est, selon lui, le ressort le plus convaincant.

 

Mettre les futurs hauts fonctionnaires sur le terrain

Claude Bartolone veut s’attaquer à la formation des élites, en favorisant «une plus grande ouverture d’esprit et une meilleure connaissance des réalités ­sociales».

Sur le modèle de l’Ecole ­polytechnique, il propose de généraliser l’obligation pour les élèves qui étudient dans des grandes écoles, notamment l’ENA, d’effectuer un stage de trois mois minimum dans des associations, des ­entreprises d’insertion ou encore des collèges de quartiers difficiles.

«Si l’on n’habitue pas nos élites à connaître la vraie vie des vraies gens […], ils reproduiront la même politique», déclarait-il dimanche sur France 5.

 

Valoriser l’engagement dans le monde associatif

Afin de mieux reconnaître le bénévolat, Claude Bartolone propose de le prendre en compte sous forme d’une validation de trimestres de retraite. Si les modalités ne sont pas précisées, seuls les volontaires consacrant «une part importante de leur temps à faire vivre une association d’utilité civique» seraient concernés.

Une mesure qui, en plus de valoriser l’investissement associatif, pourrait inciter des personnes à franchir le pas. C’est aussi dans le but de favoriser le bénévolat, qu’il propose d’instaurer en classe de seconde un stage obligatoire d’une semaine au sein de structures associatives.

 

Le service civique obligatoire pour les futurs fonctionnaires

Faut-il rendre le service civique obli­gatoire ? Au cœur des débats après les ­attentats de début janvier, Gérard ­Larcher propose de l’imposer à tous «ceux qui affirment leur attachement à la France». En ligne de mire, les aspirants fonctionnaires, «ceux qui se destinent à servir l’Etat», et les candidats à la ­naturalisation française.

 

Maîtriser les flux migratoires et imposer des quotas

Pour Gérard Larcher, il y a urgence à «revisiter» les politiques d’immigration et à mieux contrôler les flux migratoires, «condition de notre politique d’intégration dans la dignité». Le chef des sénateurs souhaite que le Parlement fixe chaque année des quotas en fonction des capacités d’accueil de la France et de ses besoins professionnels.

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