Christian Estrosi : "Dire la vérité aux Français"

Christian Estrosi, le 14 juin 2013.[Jean-Christophe Magnenet / AFP/Archives]

Les propos du député-maire de Nice, Christian Estrosi, qui a dénoncé ce dimanche, sur France 3, l’"islamo-fascisme" et l’existence en France de "cinquièmes colonnes" islamistes, continuent de susciter d’importants remous. Mais il ne désarme pas. Mardi, l’élu niçois a reçu le soutien du président de son parti politique, Nicolas Sarkozy.

 

Christian Estrosi, investi par l’UMP pour les élections régionales de décembre prochain en Provence-Alpes-Côte d’Azur, se défend de toute proximité avec l’extrême droite. Au contraire.

 

Avec votre déclaration sur des cinquièmes colonnes, ne pensez-vous pas être allé trop loin ?

Je persiste et signe. Le monde est entré dans une troisième guerre mondiale, et oui, il existe dans notre pays une cinquième colonne, c’est-à-dire une organisation à l’intérieur de notre pays destinée à le combattre. Oui, l’ennemi, c’est l’islamo-fascisme.

C’est un constat partagé par tous les républicains, et pourtant, le plus souvent, ils ne le disent pas. Comme je l’ai toujours dit, la civilisation judéo-chrétienne et la très grande majorité des musulmans sont eux-mêmes les terribles victimes de l’islamo-fascisme. Cette vérité dérange mais elle n’en reste pas moins une vérité.

 

N’y a-t-il pas chez vous une tentative de surenchère avec l’extrême droite ?

Non, bien au contraire. J’ai passé toute ma vie politique à combattre le Front national. J’ai démontré à de nombreuses reprises que j’étais un rempart contre ce parti xénophobe. Lors des élections départementales, mes candidats ont remporté sur le territoire de la métropole Nice-Côte d’Azur tous les cantons, y compris face au Front national.

Mais pour combattre ce parti, je considère que nous devons dire la vérité aux Français. Dimanche, j’ai dit une vérité qui dérange. Elle dérange car elle met en lumière un mal profond qui ronge notre société et que je veux nommer. C’est en taisant ce phénomène que nous ferons le lit du Front national. Je m’y refuse.

Je veux également combattre ce mal en y apportant une réponse claire : la tolérance zéro envers ces ennemis dans la France, sans pour autant stigmatiser les millions de Français musulmans qui aiment ce pays et en sont les premières victimes.

 

Comment abordez-vous la campagne des régionales, notamment face au FN ?

Le Front national en la personne de la petite fille de Jean-Marie Le Pen n’est ni dédiabolisé ni plus fort. Marion Maréchal-Le Pen est son héritière directe, tant sur le plan idéologique que politique. Elle voudrait nous faire croire qu’elle est aujourd’hui en désaccord avec les horreurs prononcées par son grand-père. Mais je rappelle que ses déclarations visant à attiser la haine ont commencé il y a des décennies. Pourtant, elle ne s’en est jamais offusquée.

Concernant la supposée montée du Front national, les élections départementales en Provence-Alpes-Côte d’Azur ont plutôt relevé de la marée basse pour l’extrême droite que de la grande vague bleu marine que les commentateurs nous avaient promise.

Toutefois, je ne suis pas sourd et j’entends le déses­poir de certains électeurs, je me fais un devoir d’y répondre. J’aborde donc la campagne sereinement mais avec gravité. Il faut que chacun comprenne que les enjeux de cette campagne seront déterminants non seulement pour notre région mais pour notre pays tout entier.

 

Comment allez-vous mener bataille concrètement face à la petite-fille de Jean-Marie Le Pen ?

Je vais la combattre sur ses valeurs d’extrême droite et sur son programme d’extrême gauche. J’ai toujours démontré à quel point ce parti avait des idées contraires à la République et portait en lui le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Cela vaut tant pour son fondateur que pour ses héritières.

Aujourd’hui, elles font mine de découvrir que leur père ou grand père est pétainiste mais ça les arrangeait bien lorsqu’il leur a légué l’entreprise familiale. Je combattrai aussi son programme économique. Ils sont pour la retraite à 60 ans et la sortie de l’euro, ce qui signifierait une perte de plus de 30 % de pouvoir d’achat pour les Français.

En Paca, les premières victimes du Front national seraient les retraités et les plus fragiles. La victoire du Front national aurait pour conséquence un désastre économique accompagné de ses drames sociaux pour la région. Moi, je présenterai un projet de rassemblement et de reconstruction pour notre région en déclin.

 

Vous dites que vous êtes fondamentalement différent de Marion Maréchal-Le Pen. Qu’est-ce qui vous distingue ?

Tout. Nous n’avons rien en commun. Notre parcours le démontre. Elle est l’héritière d’une dynastie quand moi je me suis construit par le travail et le mérite. On ne m’a rien donné. Elle est la championne du commentaire quand moi, je suis un bâtisseur. J’ai bâti un modèle aujourd’hui pris en exemple dans toute la France avec notre métropole.

Elle oppose constamment les Français les uns aux autres en attisant les haines quand je reconnais la diversité de la France tout en plaçant les lois de la République au-dessus de tout. Elle porte en elle la xénophobie quand je veux rassembler autour des valeurs du gaullisme social. Je suis un vrai patriote.

 

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