La métamorphose de l'UMP

L'UMP veut faire peau neuve[AFP / ARCHIVES]

L'UMP se réunit ce lundi 4 mai pour valider les contours de la nouvelle formation voulue par son président, Nicolas Sarkozy.

 

Réformer le parti de fond en comble, c’était l’une des promesses de campagne de Nicolas Sarkozy. ­Depuis son retour à la tête de l’UMP en novembre dernier, l’ancien chef de l’Etat s’emploie à faire bouger les lignes de la principale formation d’opposition de droite, avec la présidentielle de 2017 en ligne de mire. Ce changement de visage passe notamment par un nouveau nom et de nouveaux statuts, qui seront discutés demain lors d’un bureau politique.

 

L’appellation divise la droite

Signe que ce rendez-vous s’annonce chargé, le bureau a été avancé d’une heure, et débutera à 17h. Et c’est bien le nouveau nom de l’UMP qui devrait être au cœur des débats. Un symbole fort, puisque le nom reflète "l’identité de la formation politique et agit comme une marque qui offre un repère aux Français pour les différents scrutins, explique Yves-Marie Cann, directeur en charge de l’opinion à CSA. Mais si tous les représentants s’accordent sur le bien-fondé d’un changement, la pro­position de Nicolas Sarkozy, qui veut ­rebaptiser l’UMP "Les Républicains", ne fait l’unanimité ni chez les ténors du parti ni chez les Français.

Selon un sondage Odoxa publié à la mi-avril, 53 % des sympathisants jugent en effet cette appellation trop américaine. C’est également l’argument avancé dimanche par ­Xavier Bertrand qui, dans Le JDD, a ­déclaré lui préférer "Les Populaires". Face à ces voix dissidentes, les bras droits du président de l’UMP sont montés au front. Nathalie Kosciusko-­Morizet et Laurent Wauquiez ont ainsi vanté, dans une tribune publiée dans Le Monde dimanche, un nom qui véhicule des "valeurs", notamment celles "de la ­laïcité contre le communautarisme, du travail opposé à l’assistanat, de respect, d’autorité". Pour trancher le débat, ­Nicolas Sarkozy a annoncé dimanche qu’il ­ferait voter les adhérents sur le sujet les 28 et 29 mai, à la veille du congrès du nouveau parti, prévu le 30.

 

Marquer une rupture

Des militants qui seront également ­appelés à se prononcer sur les statuts de cette nouvelle formation. Car, au-delà de la forme, c’est bien le fonctionnement interne de l’UMP qui fait peau neuve. Avec pour maîtres mots décentralisation, démocratisation et modernisation. La part belle sera faite à l’expression des adhérents, qui pourront désormais élire le président de chaque fédération départementale au suffrage direct alors que, jusqu’ici, le vote était réservé aux comités départementaux.

Autre modification, la suppression des cinq courants de l’UMP, à l’exemple de la Droite forte : "des mouvements qui, contrairement au PS, ne correspondent pas à la politique de droite et à sa culture du chef", analyse Yves-Marie Cann. Pour ce dernier, ces différents changements illustrent la volonté de Nicolas Sarkozy "d’enclencher une nouvelle ­dynamique" dans l’objectif affiché d’incarner l’alternance en 2017. Il s’agit également de "marquer une rupture" avec "les duels fratricides (Copé-Fillon) et les différentes affaires qui ont ­entaché l’image de l’UMP.

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