Hollande, trois ans après

Le président de la République François Hollande fête ses trois ans à la tête de l'Etat.[Archives AFP]

C’était le 6 mai 2012. François Hollande était élu président de la République avec 51,6 % des suffrages, permettant à la gauche de se réinstaller à l’Elysée après dix-sept ans d’absence.

 

Loin d’être favori quelques mois avant, celui qui n’avait jamais occupé de poste ministériel avait su s’imposer en chef de file du PS, emportant la primaire de 2011. Avant de conquérir la tête de l’Etat avec un slogan désormais célèbre : "Le changement, c’est maintenant."

 

Un président à l’international

Dès le début, le chef de l’Etat s’est employé à faire bouger les lignes. D’abord sur le plan sociétal, avec l’une de ses promesses de campagne : le mariage pour tous. En juin 2012 était ainsi annoncé un texte de loi sur l’ouverture du droit au mariage et à l’adoption aux couples homosexuels. Malgré la fronde d’une partie de la population, le texte était adopté moins d’un an plus tard. Sur ce sujet, François Hollande est allé au bout de ses engagements. Il en a été de même pour une autre thématique chère à la gauche : l’éducation. La réforme des rythmes scolaires, mesure phare de la refondation de l’école, a essuyé bien des critiques lors de son lancement. Des difficultés qui semblent désormais loin.

Mais c’est davantage sur le plan extérieur et sécuritaire que le chef de l’Etat s’est illustré. "Chef de guerre" au Mali, médiateur dans la crise ukrainienne, ambassadeur de la paix lors des cérémonies du Débarquement… Le président a répondu présent sur la scène internationale, afin d’asseoir sa stature présidentielle. Un costume qu’il a aussi revêtu à la suite des attentats tragiques de janvier, à Paris. Sur le front dès l’attaque de Charlie Hebdo, celui qui était au plus bas dans les sondages a alors connu un rebond historique de vingt points.

Toutefois, les difficultés économiques et sociales ont vite repris le pas sur sa popularité (seuls 19 % des Français jugent son bilan positif, selon un récent sondage CSA pour Atlantico). Car depuis le début du mandat, les mauvaises nouvelles s’enchaînent en termes de croissance et d’emploi. Et les réformes engagées (pacte de responsabilité, loi Macron…), en plus d’avoir divisé la gauche, tardent à porter leurs fruits. "La promesse non-tenue de François Hollande d’inverser la courbe du chômage est un symbole lourd et la principale raison de son impopularité", juge Yves-Marie Cann, directeur en charge de l’opinion à CSA.

 

D’autres chantiers d’ici à 2017

Preuve de l’importance de ce défi, François Hollande en a fait la condition de sa candidature en 2017. Il lui reste donc peu de temps pour changer la donne, d’autant que 70 % des Français lui préfèrent son Premier ministre, Manuel Valls, pour représenter le PS dans deux ans, selon un sondage Odoxa pour Le Parisien paru mardi.

D’ici là, d’autres chantiers (transition énergétique, fin de vie, réforme territoriale…) pourraient aider le président à redorer son blason. Sans compter sur la grande conférence sur le climat (Cop21) prévue en décembre à Paris. Un rendez-vous durant lequel tous les regards seront tournés vers la France, et vers son président.

 

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