Quel horizon pour le PS ?

[THOMAS SAMSON / AFP]

Les militants PS doivent choisir ce jeudi parmi quatre motions. Ce vote doit permettre de dégager une majorité au sein du parti socialiste. Un enjeu majeur, à deux ans du scrutin présidentiel.

 

Quelle orientation le parti au pouvoir souhaite-t-il prendre ? C’est aujourd’hui que les quelque 130 000 militants socialistes vont se prononcer. Face à eux, quatre textes à départager, qui illustrent les différents courants de la formation de gauche et doivent déterminer l’action du Parti socialiste, et donc du gouvernement.

Un vote capital, qui permettra aussi d’élire le premier secrétaire du parti, et reflétera les rapports de force dans une ­formation qui n’a pas été épargnée par les divisions, ces derniers mois.

 

Deux courants face à face

Les quatre motions en compétition ont évidemment un socle commun basé sur des valeurs telles que la transition écologique ou encore l’égalité d’accès aux soins ou à l’école.

Elles divergent en revanche sur certains sujets dont l’Europe, mais aussi, et surtout, la politique économique à suivre. Et sur ce point, deux courants s’affrontent à travers les deux principales motions.

D’un côté, la motion majoritaire (A), portée par l’actuel premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis. Soutenue par la quasi-­totalité du gouvernement et ­signée par Manuel Valls et Martine Aubry, elle défend la ­politique de l’exécutif et souhaite «prolonger» les ­réformes enclenchées depuis 2012.

De l’autre, la motion menée par Christian Paul (B) incarne la gauche du parti, et rassemble les frondeurs qui, dénonçant la dérive sociale-libérale du gouver­nement, réclament de «tout faire pour ­repositionner» les choix économiques du PS. Ce sont certains de ses signataires qui ont fustigé la loi Macron, poussant l’exécutif à utiliser l’article 49.3.

Une victoire de la première motion serait un moyen pour le gouvernement d’asseoir sa légitimité. Car en votant massivement pour le texte gouvernemental, les militants ­signifieront qu’ils approuvent le cap ­social-libéral fixé par le chef de l’Etat.

Un score largement ­supérieur à 50 % permettra en outre au gouvernement «d’affirmer et de conforter son leadership au sein du parti», souligne Yves-Marie Cann, directeur en charge de l’opinion à CSA. Si, en revanche, le texte porté par Jean-Christophe Cambadélis n’emporte qu’une faible majorité, des compromis seront nécessaires afin de faire la synthèse au sein du PS.

 

2017 en ligne de mire

Sans majorité, le congrès de ­Poitiers, du 5 au 7 juin, qui entérinera le nouveau cap du parti, risque de tourner au fiasco comme lors de celui de Reims, en 2008, durant lequel le PS était apparu très ­divisé.

«Si une large majorité est introuvable, cela pourrait mener à une crise aux effets ­redoutables, d’abord sur la capacité de l’exécutif à continuer sur la ligne politique fixée par le président de la ­République, mais aussi sur l’opinion ­publique», commente Yves-Marie Cann.

L’unité est pourtant cruciale alors que se profilent les régionales, en ­décembre, mais surtout l’élection présidentielle de 2017. Une crise interne pourrait ainsi redonner des arguments aux partisans d’une primaire en vue de ce scrutin, alors que François Hollande apparaît, pour l’instant, comme le candidat naturel du parti.

 

 

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