La motion Cambadélis obtient 60% des voix

La participation a été "de l'ordre de 54,5%", soit sensiblement le même que lors du dernier congrès de Toulouse en 2012.[THOMAS SAMSON / AFP]

Sur 92% des votants, la motion du premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis obtiendrait selon des résultats quasi-définitifs un score de 60% : une bonne nouvelle pour François Hollande et Manuel Valls, dont la marge de manoeuvre devrait être facilitée pour la fin du quinquennat.

 

La motion A de Jean-Christophe Cambadélis pour le congrès du Parti socialiste a obtenu 60% des voix, et la motion B des frondeurs et de l'aile gauche 29%, a déclaré vendredi à la presse le responsable PS des élections Christophe Borgel.

La motion C de Florence Augier a récolté 1,5% des voix et la motion D de la députée Karine Berger 9,5%, a-t-il ajouté au siège du parti rue de Solférino, précisant que ces chiffres portaient sur 92% du corps électoral dépouillé, et qu'il y avait "peu de chances que les résultats définitifs", qui seront proclamés au congrès de Poitiers (du 5 au 7 juin), "s'éloignent de ces résultats-là".

Dans la nuit, Jean-Christophe Cambadélis avait remercié dans un message sur Twitter les militants socialistes pour leur participation et "le choix sans appel à 60% pour la motion A". 

 

Moins de 30% pour les "frondeurs"

Quant au score obtenu par le texte défendu par l'aile gauche du parti et les "frondeurs" socialistes, la motion B, il n'atteignait pas "les 30%", selon ces résultats partiels, a ajouté Christophe Borgel. La sénatrice socialiste Marie-Noëlle Lienemann, qui défendait cette motion B, avait convenu elle-même un peu plus tôt devant des journalistes d'un tel score.

Ce vote sans équivoque des militants socialistes pour la motion de Jean-Christophe Cambadélis ne peut que conforter l'exécutif, qui a eu fort à faire pour maîtriser les soubresauts de sa majorité à l'Assemblée, se trouvant même contraint à recourir au 49-3 pour faire adopter la loi Macron.

Un résultat d'autant plus significatif que la participation des militants, objet de fortes craintes, "semble s'orienter vers un chiffre de 55-56%, c'est-à-dire plus d'un adhérent sur deux, le même taux de participation (qu'au congrès de) Toulouse" en 2012, a souligné Christophe Borgel, pour qui le vote des militants socialistes de ce jeudi a permis une "clarification" sur ce que devra être la ligne politique du PS d'ici 2017.

Il y a une "volonté assez nette (des militants PS), tout en ayant des exigences, de s'engager dans la réussite de la fin du quinquennat avec le président de la République et le gouvernement", s'est-il empressé d'analyser.

Même si les chiffres définitifs ne doivent être connus que vendredi après-midi, ces résultats partiels semblent confirmer une victoire personnelle de Jean-Christophe Cambadélis.

 

Election du premier secrétaire jeudi prochain

La satisfaction était donc palpable au siège du PS, en particulier concernant le taux de participation, car beaucoup craignaient une désaffection des militants socialistes, souvent présentés comme perplexes ou désorientés par la politique du gouvernement. Plusieurs responsables socialistes avaient d'ailleurs manifesté une très grande prudence sur le taux de participation.

Prochaine étape: Jean-Christophe Cambadélis se soumettra jeudi prochain au vote des militants, en tant que premier signataire de sa motion, face à Christian Paul, le premier signataire de la motion B, censée donc arriver en deuxième position. Le vainqueur de ce scrutin prendra les rênes du PS.

L'actuel patron du PS espère bien être adoubé cette fois-ci par les militants, lui qui n'avait été nommé à sa tête que par le conseil national ou "parlement" du parti à la suite de l'exfiltration de son prédécesseur Harlem Désir vers le gouvernement, au printemps 2014.

Karine Berger, secrétaire nationale du PS à l'économie et première signataire de la motion D, qui voulait se démarquer tant de Jean-Christophe Cambadélis que de la motion B de l'aile gauche, envisageait pour sa part un score de 8 à 10%, et se qualifiait de "troisième force" du parti.

La motion C enfin, défendue par Florence Augier et qui prônait la défense des "militants de terrain", a recueilli de son côté entre 2 et 3% des voix, selon Christophe Borgel.

En vue du congrès qui se tiendra à Poitiers du 5 au 7 juin, la motion du premier secrétaire bénéficiait du soutien de la quasi-totalité des ministres et du Premier d'entre eux, Manuel Valls, ainsi que de Martine Aubry, l'ancien numéro un du parti, qui fut pourtant souvent critique du gouvernement depuis 2012.

 

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