Nouveau départ à l’UMP

Nicolas Sarkozy.[KENZO TRIBOUILLARD / AFP]

La formation de droite redessine ses contours. Avec «Les Républicains», l’ex-chef de l’Etat Nicolas Sarkozy veut une structure capable d’assurer la victoire.

 

L’Union pour un mouvement populaire vit ses dernières heures sous sa forme actuelle. Nouveau nom, nouveaux statuts, nouveau bureau ­politique. Une «nouvelle formation» va éclore ce week-end avec la tenue, demain à la Villette, à Paris, du congrès de refondation du parti, qui viendra ­entériner le vote des militants appelés à se prononcer depuis hier, et jusqu’à ce soir, sur ces trois points clés. Un ­rendez-vous qui marquera l’apogée du projet de Nicolas Sarkozy, désireux de réformer «de fond en comble» ce parti, tel qu’il l’avait promis.

 

Le symbole des «Républicains»

Revenu à la tête de l’UMP en novembre dernier, l’ancien chef de l’Etat s’est en effet employé à faire bouger les lignes, tant sur le fond que sur la forme. «C’est un moyen de marquer une rupture avec le passé et de faire oublier les affaires judiciaires liées à l’UMP», indique Yves-Marie Cann, directeur en charge de l’opinion à l’institut CSA.

Symbole de cette mue, la nouvelle appellation du parti, au cœur des débats depuis plusieurs semaines. Le nom «Les Républicains», proposé par Nicolas Sarkozy, a été validé en amont par le bureau politique, et autorisé par la justice.

S’il divise les ténors du parti, les sympathisants y adhèrent. Ils sont une majorité à penser que ce changement est une «bonne chose» (54 %), et qu’il convient bien à ce parti (68 %), selon un récent sondage Harris Interactive. Ce nom de baptême devrait donc, sans grande surprise, être adopté ce soir à l’issue du dépouillement des votes des 210 000 adhérents.

Les militants sont également invités à se prononcer sur la nouvelle ligne politique de l’UMP et sur son fonctionnement. Ils doivent notamment avaliser le futur ­bureau politique, le «gouvernement» du parti, qui compte désormais 115 membres, soit près de deux fois plus qu’aujourd’hui, afin que chaque ténor puisse s’assurer de la présence de ses soutiens.

En se refondant, le parti se dote également de nouveaux statuts, marqués par une volonté de décentralisation et de démocratisation. En impliquant ­davantage les sympathisants dans les décisions, Nicolas Sarkozy souhaite ainsi multiplier les cartes d’adhérents et construire un mouvement d’ampleur, avec l’ambition de réunir 500 000 soutiens, en tout, d’ici à deux ans.

 

Incarner l’alternance en 2017

Derrière ces changements, une ambition : permettre au parti d’incarner l’alternance en 2017. D’ici là, «Les ­Républicains» devront s’attaquer aux ­régionales de décembre et confirmer la vague bleue des départementales de mars (66 départements remportés sur 101).

«Un des grands défis de Nicolas Sarkozy sera de regagner les faveurs des sympathisants tentés par le vote frontiste, note Yves-Marie Cann. Tout en élargissant son socle électoral au centre droit, dont les attentes sont divergentes

Un enjeu de taille pour l’ex-président, qui devra affronter les ambitions personnelles des ténors du parti en vue de la primaire de 2016, et tenter d’éviter un nouvel épisode fratricide – comme celui qui avait opposé Jean-François Copé à François Fillon en 2012. 

 

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