PS : une réunion de famille

Le Congrès du PS se tiendra à Poitiers du 5 au 7 juin 2015. [GUILLAUME SOUVANT / AFP]

Les principaux ténors socialistes sont attendus pour ce grand raout qui doit permettre de fixer le cap, avec la présidentielle en ligne de mire.

 

Un nouvel "Epinay". Voici ce qu’espère créer le premier secrétaire fraîchement réélu, Jean-Christophe Cambadélis, lors du congrès du Parti ­socialiste, qui réunira sa famille politique, à partir d’aujourd’hui et jusqu’à dimanche, à Poitiers (Vienne).

Une référence au congrès fondateur du PS, en 1971, qui illustre l’importance de l’événement pour la formation de gauche. Tiraillée par les divisions ces derniers mois, elle souhaite montrer un visage uni et fixer un cap pour la fin du quinquennat de François Hollande.

 

Le gouvernement au rendez-vous

Alors que des frictions étaient à craindre, voici plusieurs semaines, ce rendez-vous devrait finalement se dérouler dans un climat relativement apaisé. "Les problèmes ont été réglés en amont", indique ainsi le politologue Gérard Grunberg.

Les votes des militants, ­effectués les 21 et 28 mai derniers, ont en effet offert une large majorité à la motion A (60 % des voix), soutenue par le gouvernement, et permis à Jean-Christophe Cambadélis de reprendre aisément la tête du parti face à Christian Paul, qui défendait la motion de l’aile gauche du PS. "Même si les frondeurs vont vouloir exister, ce ne sera pas un congrès d’affrontement", ajoute le spécialiste.

Ce rendez-vous pourrait ainsi tourner la page d’épisodes fâcheux, à l’exemple de celui qui avait poussé le gouvernement à brandir l’article 49.3 pour faire adopter la loi Macron face à la fronde d’une partie du PS, en février dernier.

Preuve de la ­volonté du Parti socialiste de faire table rase du passé, l’ensemble du gouver­nement est attendu pour cette grand-messe, à l’exception de la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, en déplacement, et du patron de Bercy, Emmanuel Macron, qui n’a pas sa carte du parti. La maire de Lille, Martine Aubry, ou encore l’ancien Premier ministre, Jean-Marc ­Ayrault seront également présents.  

Au programme de ces trois jours, des débats sur l’Europe, l’élection d’une partie du conseil national par les délégués et plusieurs discours, dont celui ­attendu de Manuel Valls demain midi. Le Premier ministre, qui incarne le tournant "social-libéral" du parti, devrait, au regard du soutien des militants à la motion A, dont il était signataire, ­asseoir sa légitimité.

Ce congrès sera également l’occasion pour Jean-Christophe Cambadélis de donner les gran­des orientations du PS et de répondre au président des Républicains, Nicolas Sarkozy qui, lors du congrès refondateur de l’UMP, dimanche dernier, a critiqué le bilan de François Hollande.

 

Vers la présidentielle de 2017 

Une fois ce rendez-vous passé, droite et gauche seront tournées vers les mêmes échéances. Le PS, confronté à une succession d’échecs durant les derniers scrutins locaux (municipales en 2014 et départementales en avril dernier), doit se préparer aux régionales de décembre, en évitant d’avancer en ordre dispersé.

Un enjeu majeur, à moins de deux ans de l’élection présidentielle. Le PS devra ainsi reconquérir les Français et les sympathisants socialistes qui, selon un récent sondage Ifop, sont 44 % à juger le parti "insuffisamment à gauche". 

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