EELV, un jeune parti marqué par les crises

Le départ de François de Rugy est un nouveau marqueur de crise chez les écologistes. Le départ de François de Rugy est un nouveau marqueur de crise chez les écologistes. [Fred Dufour / AFP]

L'annonce du départ de François du Rugy d'Europe-Ecologie-Les Verts semble marquer le début d'une nouvelle crise politique au sein du parti. Formé en 2010, ce dernier fait régulièrement face à des désaccords entre ses principaux cadres depuis trois ans.

 

Avant François de Rugy, qui a déploré jeudi 27 août dans "Le Monde" que son parti "n’arrive plus à avoir les débats, ni de fond ni stratégiques", annonçant par la même occasion vouloir "fédérer les écologistes réformistes", Jean-Vincent Placé, Cécile Duflot, Pascal Durand ou encore Noël Mamère ont tour à tour mis EELV dans une position délicate. Chronologie.

 

> Décembre 2012. Le très populaire Daniel Cohn-Bendit, l'un des artisans de la formation écologiste, annonce son départ. Il explique alors sur Canal+ que "politiquement", il ne fait "plus partie de l'espace EELV". "Dany" préfère alors se concentrer sur un groupe de réflexion, Europe et Ecologie, mais il continue de payer sa cotisation. 

 

> Septembre 2013. Le député-maire de Bègles, Noël Mamère, claque à son tour la porte de son parti. Dans un entretien au Monde, il ne mâche pas ses mots : "Notre parti ne produit plus rien : il est prisonnier de ses calculs et de ses clans. Nous sommes devenus un syndicat d'élus. J'ai l'impression d'un sur place qui nuit au rôle que nous pouvons jouer dans la société". D'autant que quelques jours plus tôt, c'était le secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts, Pascal Durand, qui s'en allait. Et Nicolas Hulot d'ajouter qu'il y a "quelque chose de profondément vicié" dans ce parti qui traverse "une crise profonde". 

 

> Novembre 2013. Le Congrès de Caen devait permettre à EELV de définir un cap et d'insufluer une nouvelle dynamique à un parti en perte de vitesse. Emmanuelle Cosse devient la nouvelle secrétaire nationale, remplaçant Pascal Durand. Mais sa motion, soutenue par Cécile Duflot, ne fait pas l'unanimité. Elle obtient 38,29 % des voix, soit moins que les 40 % espérés.

 

> Août 2014. L'ex-secrétaire nationale des Verts, Dominique Voynet, reconnaît qu'EELV n'a pas "le sens des responsabilités", expliquant que la "crise d'adolescence" du parti n'est "pas terminée". Des propos tenus dans "Le Figaro" à l'occasion des Journées d'été des écologistes et du quarantième anniversaire de l'écologie politique. La position de Dominique Voynet est alors révélatrice des divergences. 

 

> Décembre 2014. Le président du goupe au Sénat, Jean-Vincent Placé, critique lui aussi les orientations politiques de son parti : "si l'écologie politique devient l'écologie gauchiste, ça n'a plus d'intérêt", dénonce-t-il. Les Verts ne sont alors plus au gouvernement depuis le remaniement du mois d'août et les voix divergent entre ceux en faveur d'un retour dans l'équipe de Manuel Valls et ceux qui y sont farouchement opposés.

 

> Avril 2015. EELV est au bord de l'implosion, car divisé entre les pro (comme Jean-Vincent Placé) et les anti (comme Cécile Duflot) retour au gouvernement. D'autant que le parti a réalisé un maigre score de 2 % aux élections départementales. Durant l'été, Jean-Vincent Placé et Barbara Pompili n'excluent d'ailleurs pas une scission du parti.

 

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