Hollande : la France est prête à des frappes aériennes en Syrie

François Hollande lors de sa 6e conférence de presse le 7 septembre 2015 à l'Elysée à Paris [PHILIPPE WOJAZER / POOL/AFP] François Hollande lors de sa 6e conférence de presse le 7 septembre 2015 à l'Elysée à Paris [PHILIPPE WOJAZER / POOL/AFP]

François Hollande a annoncé lundi que la France était prête à accueillir 24.000 réfugiés et envisageait des frappes aériennes contre le groupe Etat islamique en Syrie, mais sans intervention militaire au sol.

 

Lors de sa conférence de presse semestrielle, le président de la République a indiqué que des vols de reconnaissance au-dessus de la Syrie débuteraient dès mardi et que le parlement serait consulté sur ce sujet.

Ces vols de reconnaissance "permettront d'envisager des frappes contre Daech, en préservant notre autonomie d'action et de décision", a déclaré M. Hollande.

Mais il a jugé qu'il serait "inconséquent et irréaliste d'envoyer des troupes au sol". "Nous n'enverrons pas de troupes au sol" en Syrie, "pas plus que nous le faisons en Irak", a-t-il martelé, alors que la menace terroriste reste très forte en France huit mois après les attentats de Paris.

Pour une intervention aérienne en Syrie, il peut compter sur le soutien des ténors des Républicains, qui ont multiplié ce week-end les déclarations en faveur de cette option.

Le président François Hollande lors de la 6e conférence de presse du quinquennat le 7 septembre 2015 à l'Elysée à Paris [PHILIPPE WOJAZER / POOL/AFP]
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Le président François Hollande lors de la 6e conférence de presse du quinquennat le 7 septembre 2015 à l'Elysée à Paris
 

Lors de son propos liminaire de 18 minutes avant de répondre aux questions des quelque 200 journalistes réunis dans la salle des fêtes de l'Elysée, M. Hollande a consacré un long moment à l'accueil des réfugiés.

Parlant d'une crise "dramatique", il a indiqué que la France était prête à accueillir 24.000 réfugiés, sur les 120.000 que la Commission européenne a proposé d'accueillir dans les Etats membres.

Il a fait valoir que "le droit d'asile est inscrit dans le préambule de notre Constitution". Concrètement, il a annoncé que le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve réunirait les maires dès samedi pour organiser cet accueil "de manière digne et sérieuse".

Affichant à plusieurs reprises sa solidarité avec Angela Merkel, il a rappelé que c'est avec la chancelière allemande qu'il avait proposé "un mécanisme permanent et obligatoire d'accueil des réfugiés", soulignant que "le mot important, c'est +obligatoire+".

Sur le terrain européen, François Hollande a proposé une réunion "au format Normandie" (France, Allemagne, Russie, Ukraine), en amont de l'assemblée générale des Nations unies, fin septembre, pour évaluer l’évolution de la situation en Ukraine, indiquant qu'il plaiderait pour une "levée des sanctions" contre la Russie si le processus de décentralisation du pays aboutit.

Sur le plan intérieur, le chef de l'Etat, qui reste impopulaire à un niveau historique, aura fort à faire pour redorer son image aux yeux des Français, même s'il est sorti des abysses d'il y a un an, lorsque sa cote avait chuté à 13%. Elle oscille dans les dernières études entre 18 et 27%.

 

Deux milliards de baisses d'impôts 

Le président François Hollande lors de la 6e conférence de presse du quinquennat le 7 septembre 2015 à l'Elysée à Paris [ALAIN JOCARD / AFP]
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Le président François Hollande lors de la 6e conférence de presse du quinquennat le 7 septembre 2015 à l'Elysée à Paris
 

Selon un sondage Ifop publié dimanche, il serait éliminé dès le 1er tour en 2017, arrivant en 3ème position derrière Marine Le Pen quel que soit le candidat des Républicains.

François Hollande a confirmé lundi des baisses d'impôts pour 2016, assurant qu'elles concerneront "plus de 8 millions" de foyers pour un montant total de "plus de 2 milliards d'euros", alors que son quinquennat reste pour l'heure marqué au fer rouge "du ras-le-bol fiscal".

Il devrait aussi revenir sur son surprenant mea culpa concernant la suppression de la TVA sociale initiée par son prédécesseur Nicolas Sarkozy. Des propos rapportés dans un ouvrage de la journaliste Françoise Fressoz qui ont laissé sceptique son propre camp. De même que son aveu d'avoir "engagé des réformes qui ne sont pas toutes de gauche", lui qui il y a six mois assurait avoir été un président de gauche "depuis le début" de son quinquennat.

Sur le front de l'emploi, le président, qui a lié une nouvelle candidature en 2017 à l'inversion de la courbe du chômage, bénéficie d'une légère amélioration

Au deuxième trimestre le taux de chômage calculé par l'Insee est resté stable à 10% de la population active, mais le nombre de personnes sans aucune activité culmine à 3,55 millions.

Sur le plan des réformes sociales, le présidenta a affirmé qu'une "loi sera présentée", après "concertation" des partenaires sociaux, pour "rendre lisible le code du travail" et permettre "une meilleure adaptation à la réalité des entreprises".

Il a précisé vouloir donner "toute la place nécessaire à la négociation collective et aux accords d'entreprise pour permettre justement qu'il y ait une meilleure adaptation du droit du travail à la réalité des entreprises". Pour cela, une "suite sera donnée" au rapport que doit remettre mercredi au Premier ministre le haut fonctionnaire Jean-Denis Combrexelle. Ce rapport sera "ensuite soumis à consultation et une loi sera présentée", a ajouté M. Hollande, sans préciser de date.

A trois mois de la 21ème Conférence climat, M. Hollande a fait le constat que le monde est "encore loin d'un accord contraignant et de financement à la hauteur de l'enjeu" du réchauffement climatique, et qu'il "y a des risques d'échecs", le chef de l'Etat a jugé qu'un "sursaut est nécessaire".

"On a décidé de faire de l’Assemblée générale des Nations unies un rendez-vous-majeur pour la préparation de la conférence" de décembre, a dit François Hollande.

Il a assuré que la France va mener l'offensive sur le financement des politiques climatiques.

 

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