Le FN mis en examen dans l'enquête sur son financement

Marine Le Pen et Wallerand de Saint Just le 10 mars 2014 à Paris [Jacques Demarthon / AFP/Archives] Marine Le Pen et Wallerand de Saint Just le 10 mars 2014 à Paris [Jacques Demarthon / AFP/Archives]

Le Front national a été mis en examen mercredi pour recel d'abus de biens sociaux et complicité d'escroquerie dans l'enquête sur son financement, a annoncé le trésorier du parti, Wallerand de Saint-Just, à sa sortie du bureau du juge.

 

"Nous sommes innocents de toutes les accusations qui sont portées contre nous", a-t-il réagi, dénonçant "l'acharnement" du procureur de la République de Paris. 

Et de poursuivre: "Nous montrerons devant la chambre de l'instruction qu'il n'y a pas le moindre indice de l'existence de charges qui montrent que le FN a pu se rendre coupable de recel d'abus de biens sociaux et de complicité d'escroquerie".

Le vice-président du parti, Florian Philippot, a abondé en ce sens. "Nous n'avons strictement rien à nous reprocher, ce dossier est d'un vide intégral, d'un néant absolu."

Dans cette enquête, les juges soupçonnent des responsables du parti d'extrême droite, d'une entreprise amie, Riwal, et du micro-parti Jeanne, géré par des proches de Marine Le Pen, d'avoir mis en place un système de surfacturations lors des législatives de 2012 et d'avoir escroqué l'État, qui rembourse les frais de campagne.

Riwal et Jeanne ont déjà été mis en examen dans ce dossier, ainsi que six personnes dont le vice-président du FN Jean-François Jalkh.

L'enquête a été fragilisée à cause d'un vide législatif, car le délit d'acceptation par un parti politique d'un financement provenant d'une personne morale, initialement retenu, n'était plus puni par la loi, une faille qui avait échappé au législateur, au parquet de Paris et aux juges d'instruction.

Cette mise en examen intervient à trois mois des régionales. Malgré ces ennuis judiciaires et les conflits entre Marine Le Pen et son père Jean-Marie Le Pen, le FN reste haut dans les sondages, à tois mois d'un nouveau scrutin. 

Le trésorier, Wallerand de Saint-Just, est également tête de liste FN pour les élections régionales en Ile-de-France. Il a déjà fait savoir qu'en cas de mise en examen, il ne retirerait pas sa candidature. 

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