Rentrée parlementaire entre crises internationales et tensions politiques

L'Assemblée nationale à Paris, le 18 juin 2015 [Bertrand Guay / AFP/Archives] L'Assemblée nationale à Paris, le 18 juin 2015 [Bertrand Guay / AFP/Archives]

La rentrée parlementaire, qui prend un tour plus international que prévu autour de la situation en Syrie et des réfugiés, s'annonce aussi riche en incertitudes politiques, entre les divisions des écologistes, la combativité des frondeurs socialistes et l'approche des élections régionales.

 

En session extraordinaire à partir de lundi et jusqu'à fin septembre, le Parlement va partager ses travaux des premiers jours entre les projets de loi sur la santé --dont le Sénat, majoritairement de droite, compte supprimer les mesures phares (tiers payant généralisé, paquet de cigarettes neutre...)-- et sur le vieillissement, qui va faire son deuxième passage à l'Assemblée.

Mais l'actualité internationale, qui a dominé la conférence de presse de François Hollande, a poussé l'exécutif à ajouter à l'ordre du jour un débat mardi sur une intervention militaire aérienne de la France en Syrie visant l'organisation Etat islamique mais aussi un autre mercredi sur l'accueil des réfugiés, qui promet de vifs échanges gauche-droite.

Sans oublier une discussion - jeudi entre députés et fin septembre au Sénat - sur le projet de loi entérinant l'accord franco-russe après la décision de Paris de renoncer à livrer deux navires de guerre Mistral à Moscou en raison de la crise ukrainienne.

Au-delà de l'hémicycle, la rentrée se fera dans un paysage politique fracturé à gauche, sur fond de déchirements ouverts entre écologistes, avec d'un côté les partisans d'un soutien au gouvernement et de l'autre les défenseurs, tels Cécile Duflot, d'une ligne critique et d'une proximité avec le Front de gauche. Les présidents des groupes à l'Assemblée et au Sénat François de Rugy et Jean-Vincent Placé ayant quitté Europe Ecologie-Les Verts pour créer un autre parti, qui s'appelle écologistes !, leur choix devrait peser sur la vie, voire la survie, des groupes dans les deux chambres.

Quant aux socialistes, les désaccords demeurent entre "frondeurs", dont l'exécutif semble considérer l'heure passée mais qui ne désarment pas pour certains, et légitimistes, voire les "réformateurs" de l'aile droite du PS.

 

La tête dans les régionales

Malgré les deux milliards d'euros de baisses d'impôts pour huit millions de foyers promis par le chef de l'Etat, les débats sur le budget à l'automne pourraient rester épineux, car des élus socialistes sont irrités de la fin de non-recevoir sur une évolution du Pacte de responsabilité autant que sur la CSG.

Et la réforme du code du travail, annoncée pour le premier semestre 2016 au Parlement, conforte certains élus dans le sentiment d'un "durcissement libéral" du gouvernement.

La campagne des régionales, qui va commencer à se faire sentir, ressoudera-t-elle les rangs dans chaque camp?

L'ancien Premier ministre français Jean-Marc Ayrault à l'université du PS à La Rochelle, le 29 août 2015 [MEHDI FEDOUACH / AFP/Archives]
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L'ancien Premier ministre français Jean-Marc Ayrault à l'université du PS à La Rochelle, le 29 août 2015
 

Chef de file des socialistes pour les régionales en Ile-de-France, le président de l'Assemblée Claude Bartolone ne va, comme prévu, plus présider dès le début de la session extraordinaire les séances de questions au gouvernement et se faire remplacer par des vices-présidents, pour s'en tenir à la "schizophrénie stricte" promise entre ses deux casquettes. Et, en cas de victoire francilienne de la gauche au scrutin des 9 et 16 décembre, l'ancien Premier ministre PS Jean-Marc Ayrault a déjà dit, fin août, son intérêt pour lui succéder au "perchoir".

A droite, plusieurs autres figures de l'Assemblée visent aussi des présidences de régions, entre autres Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez ou Christian Estrosi chez les Républicains, Philippe Vigier (UDI) ou encore Marion Maréchal-Le Pen (FN).

Du côté du Sénat, si le président Gérard Larcher (Les Républicains) a réaffirmé lors de sa conférence de rentrée son intention de piloter une "opposition constructive" au gouvernement, il n'a pas non plus fait mystère de l'accent qui sera mis sur certains thèmes chers à la droite et au centre au travers notamment de futures propositions de lois.

Quant à la procédure législative elle-même, le chef de l'Etat a plaidé lundi pour des changements visant "à la simplifier et à la rendre plus rapide". Quelques jours plus tôt, le président du Sénat avait accusé le gouvernement d'être "le premier responsable de la prétendue lenteur législative", avec des lois "trop nombreuses" et "mal préparées".

 

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