Valérie Pécresse : «Il faut réduire les inégalités en Ile-de-France»

L’élue francilienne veut multiplier par cinq le budget dédié à la sécurité de la région en le portant à 45 millions d’euros. [KENZO TRIBOUILLARD / AFP]

Valérie Pécresse, qui prend ses fonctions à la tête de l’Ile-de-France ce vendredi matin, veut agir en priorité pour la sécurité, l’emploi et les transports.

L’heure est à l’alternance pour les Franciliens. Six régions sur treize intronisent leurs nouveaux présidents (les autres suivront en janvier). Parmi elles, l’Ile- de-France voit arriver à sa tête Valérie Pécresse (Les Républicains). Cette dernière succède au socialiste Jean-Paul Huchon, qui était en place depuis dix-sept ans. L’élue compte amorcer sans tarder ses politiques en matière de sécurité, d’emploi et de transports, même s’il faut réaliser des économies d’ampleur pour les mener.

La sécurité est une de vos priorités. Par quoi allez-vous commencer ?

Je veux un bouclier de sécurité régional pour protéger les Franciliens. Je vais ­rétablir le budget sécurité de la région, divisé par cinq par les socialistes, afin de le porter à 45 millions d’euros. Je mettrai ainsi en place un fonds d’urgence pour la sécurité. Celui-ci ­permettra de financer notamment des portiques de sécurité dans les salles de spectacle, de l’équipement pour les forces de l’ordre (police municipale ou nationale, gendarmerie) ou encore de la vidéoprotection. Nous devons aussi protéger les lycées et les universités.

Et en matière de sécurité dans les transports ?

Il faudra aller plus loin que les mesures prévues par le gouvernement, en créant une police régionale des transports unique pour plus d’efficacité. Celle-ci couvrirait les zones desservies par la SNCF et la RATP, ainsi que tous les réseaux de bus, y compris en grande couronne. Je veux en discuter prochainement avec le Premier ministre. Je n’accepte pas qu’il y ait des citoyens abandonnés, qui n’ont pas le droit à des transports sécurisés.

L’autre priorité annoncée est l’emploi. Que prévoyez-vous ?

Je me suis engagée, pendant ma campagne, à atteindre l’objectif de 100 000 stages supplémentaires, à développer le microcrédit pour les entrepreneurs, à ­offrir le code de la route aux jeunes et à remettre à plat la formation. Ces sujets seront abordés lors d’une conférence en janvier sur la croissance, l’emploi, la ­formation et les conditions de vie au ­travail. L’idée sera de concentrer, pour chaque bassin de vie, des emplois, des logements, des transports et de la formation. Ce carré magique est vital pour conjuguer économie et qualité de vie.

Comment allez-vous travailler avec la maire de Paris, socialiste ?

J’aurai des relations respectueuses mais exigeantes, comme sur la question des transports. Il faut permettre aux Parisiens de sortir de la capitale et aux Franciliens d’y entrer, via le prolongement de la ligne 11 du métro, de la ligne E du RER et par la création de parkings en grande couronne et aux portes de Paris. Il ne peut pas y avoir des privilégiés au centre et des oubliés en périphérie ou dans les quartiers ­populaires. Ma mission est de réduire ces inégalités.

Et avec la RATP et la SNCF ?

Je m’entretiendrai avec leurs présidents très vite, car je veux accélérer les investissements et instaurer un bonus/malus spécifique sur la ponctualité des rames. La ponctualité doit être placée au cœur de la politique des transports dès janvier, car le plus important pour les Franciliens est d’avoir des trains à l’heure.

Comment allez-vous financer toutes ces mesures ?

Il va falloir faire des économies, car je le dis et le répète, il n’y aura pas de hausse d’impôts pour les Franciliens. Avec mon équipe, nous sommes déjà en train d’évaluer toutes les économies de fonctionnement que nous pourrions réaliser, comme le ­déménagement du siège de la région en ­banlieue, que je vais lancer très ­rapidement. Il faudra aussi rationaliser certains services afin de ­réorienter nos priorités sur la sécurité, la for­mation, l’éducation, la culture et les transports. Je lancerai également un audit sur la situation financière de l’Ile-de-France.

Quand démissionnerez-vous de votre mandat de députée ?

Je quitterai mon poste dans ma ­circonscription dès avant le 1er janvier, comme je m’y étais engagée en début de campagne. Je serai une présidente de région à plein-temps au service des Franciliens.

 

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