Déchéance de nationalité : des militants PS saisissent la haute autorité du parti

Manuel Valls lors d'une conférence de presse le 23 décembre 2015 à l'Elysée à Paris [Eric FEFERBERG / POOL/AFP/Archives] Manuel Valls lors d'une conférence de presse le 23 décembre 2015 à l'Elysée à Paris [Eric FEFERBERG / POOL/AFP/Archives]

Des militants du Parti socialiste ont annoncé avoir saisi la Haute autorité éthique du parti au sujet du projet d'élargir la déchéance de nationalité aux binationaux nés Français et condamnés pour terrorisme et de récentes déclarations de Manuel Valls, jugées contraires à la "déclaration de principe" du PS.

Le projet de réforme constitutionnelle, adopté par le Conseil des ministres le 23 décembre et examiné à l'Assemblée à partir du 3 janvier, "a déclenché une réaction forte et légitime au sein du Parti et bien au-delà dans toute la gauche", écrivent ces militants dans un communiqué publié lundi soir.

Ils dénoncent également les déclarations tenues par Manuel Valls dans le Journal du dimanche. Le Premier ministre a estimé qu'"une partie de la gauche s'égar(ait) au nom de grandes valeurs, en oubliant le contexte, notre état de guerre, et le discours du président devant le Congrès".

L'avocat Jean-Pierre Mignard, président de la Haute autorité éthique du PS, le 19 janvier 2015 à Paris [BERTRAND GUAY / AFP/Archives]
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L'avocat Jean-Pierre Mignard, président de la Haute autorité éthique du PS, le 19 janvier 2015 à Paris

Lundi, Manuel Valls a de nouveau défendu le projet, renvoyant, dans une tribune publiée sur Facebook, à ses détracteurs l'accusation de faire le jeu de l'extrême droite.

"Cette déclaration de Manuel Valls et l'action de ce gouvernement sont donc en contradiction avec les valeurs telles que définies par les textes du Parti", estiment les auteurs de la saisine, parmi lesquels deux membres du Conseil national, Mathieu Pouydesseau et Gérard Elbaze.

"La déclaration de principes étant, à travers ces mots et ces actes, remise en cause, il nous apparaît urgent et prioritaire que cette Haute autorité éthique puisse affirmer qu'ils ne sont ni prononcés ni mis en œuvre au nom des socialistes membres de ce parti. Il en va de nos principes. Donc de notre existence même", conclut le texte, co-signé par plus d'une centaine de membres du PS.

La Haute autorité éthique du PS est présidée par l'avocat Jean-Pierre Mignard, proche de François Hollande.

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