Perquisition au siège du FN

uaDes journalistes devant le siège du FN à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, le 14 décembre 2015 [LIONEL BONAVENTURE / AFP/Archives] uaDes journalistes devant le siège du FN à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, le 14 décembre 2015 [LIONEL BONAVENTURE / AFP/Archives]

Une perquisition était en cours mercredi matin au siège du Front national dans l'enquête sur les assistants des élus FN au Parlement européen, a-t-on appris de source proche de l'enquête, confirmant une information d'iTÉLÉ.

Dans ce dossier, les soupçons portent sur les salaires versés à 20 assistants d'élus frontistes au Parlement de Strasbourg, dont les noms figuraient aussi dans l'organigramme du FN au démarrage de l'enquête, lancée par le parquet de Paris en mars 2015. Ces doubles étiquettes laissent supposer aux enquêteurs qu'ils sont affectés à d'autres tâches que le seul Parlement tout en étant rémunérés sur des fonds européens.

Mardi, les policiers de l'office anticorruption de la PJ (Oclciff) avaient déjà procédé à plusieurs perquisitions, en visant notamment la propriété familiale de Jean-Marie Le Pen à Saint-Cloud et le bureau de son secrétaire particulier, Gérald Gérin. D'autres perquisitions ont eu lieu mardi, notamment chez un expert-comptable proche du Front national, Nicolas Crochet, qui est déjà mis en examen dans l'enquête distincte sur le financement du parti, ont indiqué des sources proches du dossier.

Au démarrage de l'enquête, Gérald Gérin apparaissait à la fois comme assistant de Jean-Marie Le Pen dans l'organigramme du parti, et comme assistant de l'eurodéputée Marie-Christine Arnautu au sein du Parlement européen. Début 2015, la présidence du Parlement européen avait saisi l'organisme antifraude de l'Union européenne, l'Olaf, et transmis le dossier à la justice française. Le Parlement avait rappelé que ces salaires "ne peuvent (...) financer des contrats établis avec des groupes politiques du Parlement ou des partis politiques".

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Principal enjeu pour les enquêteurs: déterminer si le FN rémunère effectivement des cadres avec des fonds réservés aux activités du Parlement européen, en les employant de manière fictive à Strasbourg. Ce détournement pourrait constituer un abus de confiance. 

Le parti réfute toute irrégularité. Dans une note interne pour ses cadres, consultée par l'AFP au moment de l'ouverture de l'enquête, en mars 2015, la formation assurait que son organigramme "ne préjuge en rien du statut des personnes qui y figurent" ni de leurs activités politiques. "Certains sont des (...) salariés à plein temps du parti, d'autres sont à temps partiel, partageant leurs activités professionnelles entre le parti et le député qu’ils assistent (en particulier lorsque ce député occupe au sein du FN des fonctions exécutives), la plupart enfin sont des bénévoles", poursuit la note.

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