Les frondeurs écartent le vote d'une motion de censure de droite

Le député socialiste Benoit Hamon à l'Assemblée nationale le 4 mai 2016 [BERTRAND GUAY / AFP/Archives] Le député socialiste Benoit Hamon à l'Assemblée nationale le 4 mai 2016 [BERTRAND GUAY / AFP/Archives]

Les députés socialistes frondeurs Benoît Hamon et Christian Paul ont écarté mercredi matin la possibilité de voter jeudi une motion de censure déposée par la droite.

"La motion de censure de la droite, il faut imaginer que vous avez beau être en désaccord avec Manuel Valls, préférer à Manuel Valls Nicolas Sarkozy qui propose de supprimer 600.000 ou 300.000 fonctionnaires tous les cinq ans, cela dépend des candidats de droite, de supprimer l'ISF, de porter la retraite à 65 ans, c'est un peu compliqué de préférer ce projet-là à celui du gouvernement", a dit Benoît Hamon sur France 2.

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"Quand je regarde les programmes de la droite, d'Alain Juppé ou de François Fillon, notamment en matière de droit du travail ou de réduction de la fonction publique, je n'ai pas très envie, je n'ai même pas envie du tout, au fond, de joindre ma voix à (celles) de députés qui veulent supprimer des centaines de milliers d'agents publics, qui veulent profiter de la brèche que constitue la loi El Khomri pour faire davantage s'ils viennent aux responsabilités", a renchéri plus directement Christian Paul sur Europe 1.

L'arithmétique fait loi

"Il y a un moment où l'arithmétique fait loi. Il n'y a pas, me semble-t-il, 289 députés (soit la majorité à l'Assemblée) qui soient prêts à voter ensemble", a dit aussi Christian Paul. Interrogé d'autre part sur la possibilité d'une motion de censure de gauche, Benoît Hamon s'est montré prudent. "A titre personnel, je m'inscrirai dans une démarche collective et je n'entends pas trancher seul ce débat", a-t-il répondu.

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Christian Paul a été plus précis et affirmatif. "Nous travaillons à rassembler des députés et je les appelle à être très nombreux pour qu'il y ait une motion des gauches en réponse à ce qui est une double violence", la loi El Khomri et le recours à l'article 49.3, a dit le député de la Nièvre. "Je pense qu'à situation exceptionnelle, et elle a été créée hier (avec le 49.3), il faut une réponse exceptionnelle et nous cherchons la possibilité de rassembler", a poursuivi Christian Paul.

Il faut réunir au moins 58 députés pour déposer une motion de censure contre le gouvernement. "La conclusion définitive pour moi de cet épisode, c'est que cette Ve République dans laquelle se complaisent le Premier ministre et quelques autres, elle est en train de tuer et d'asphyxier la démocratie", a estimé encore l'ancien ministre.

"On a eu des mouvement sociaux puissants. Aujourd'hui, à ces mouvement sociaux, on dit + Terminé, fini, on verrouille, on passe par le 49.3+. Il est vraiment temps et j'espère que l'élection présidentielle y contribuera, qu'on passe à une VIe République beaucoup plus respectueuse des aspirations démocratiques des Français", a-t-il poursuivi.

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