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Annulation du concert de Black M à Verdun : la gauche s'indigne

Le chanteur Alpha Diallo, connu comme "Black M", au Printemps de Bourges le 28 avril 2015 [GUILLAUME SOUVANT / AFP/Archives] Le chanteur Alpha Diallo, connu comme "Black M", au Printemps de Bourges le 28 avril 2015 [GUILLAUME SOUVANT / AFP/Archives]

La ministre de la Culture a dénoncé "un ordre moral nauséabond", Jack Lang a appelé à "ne pas capituler devant l'idéologie frontiste": les réactions indignées se multipliaient samedi après l'annulation d'un concert du rappeur Black M, prévu après la commémoration officielle de la bataille de Verdun.

Alors que la mairie PS de Verdun a annulé vendredi le concert du rappeur après plusieurs jours de polémique, notamment à propos d'une chanson où il qualifie la France "pays kouffar" (pays de mécréants, ndlr), la ministre de la Culture Audrey Azoulay a déploré cette issue.

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"Des voix déchaînées ont obtenu l'annulation d'un concert au nom d'un ordre moral nauséabond et décomplexé. N'acceptons jamais cela. Ce n'est pas la première fois que l'autocensure succède à ces coups de force inacceptables", a pointé la ministre samedi depuis le festival de Cannes. Ancien ministre PS de la Culture, Jack Lang, a estimé que "la mairie de Verdun aurait dû maintenir le concert". "Aucune raison" ne justifiait selon lui son annulation, "il n'y avait aucune menace à l'ordre public, aucun risque de violence". "Pas fan de , mais la police de la pensée du FN, de Ménard et des réacs républicains ça commence à faire beaucoup", a tweeté le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis.

"Erreur" de communication

Le concert du rappeur de 31 ans, membre du groupe Sexion d'Assaut, devait réunir des milliers de jeunes Allemands et Français au soir du 29 mai, après la cérémonie officielle à laquelle sont attendus François Hollande et Angela Merkel. Le maire PS de Verdun, Samuel Hazard, avait annoncé vendredi l'annulation du concert en raison de "risques forts de troubles à l'ordre public", dans un contexte de "polémique d'une ampleur sans précédent" et de "déferlement de haine et de racisme".

La ministre de la Culture Audrey Azoulay à Paris le 11 mai 2016 [BERTRAND GUAY / AFP/Archives]
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La ministre de la Culture Audrey Azoulay à Paris le 11 mai 2016

Sa décision avait été prise au lendemain de l'annonce, par la mission du Centenaire de la Première guerre mondiale, du refus d'une subvention décisive de 67.000 euros demandée pour le concert par la mairie de Verdun, sur un budget total de 150.000 euros. En réalité cette annonce relevait d'une "regrettable erreur" de communication et la mission aurait "naturellement accordé une subvention à la ville de Verdun pour ce concert" s'il n'avait pas été annulé, a souligné samedi le directeur général de la mission, Joseph Zimet. "L'information qui a été donnée à tort par la mission (...) était erronée", a-t-il précisé à l'AFP. "Les subventions demandées par le maire, auxquelles j'avais donné un accord de principe il y a un mois, étaient en cours de formalisation".

"Ce sont des Tartuffe"

"Tout cela est grotesque, ce sont des Tartuffe. Ils sont un peu perdus", a commenté le numéro 2 du FN Florian Philippot, se réjouissant d'avoir contribué à "déprogrammer ce concert d'une très grande indécence". De fait, c'est l'extrême droite et plusieurs élus de droite qui avaient lancé la polémique en début de semaine, lorsque la programmation de Black M avait été rendue publique. Dans la foulée des ténors du FN, chez les Républicains, la députée Valérie Boyer avait lancé une pétition et l'eurodéputée Nadine Morano jugé "inacceptable qu'il soit présent à Verdun". M. Hazard avait dans un premier temps défendu Black M, un "enfant de la République", "plébiscité par les jeunes comme aucun autre artiste français", avant de céder à la pression.

Le chanteur Black M aux Victoires de la Musique, le 13 février 2015 à Paris [BERTRAND GUAY / AFP/Archives]
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Le chanteur Black M aux Victoires de la Musique, le 13 février 2015 à Paris

"C'est la désertion en rase campagne du gouvernement qui a permis un tel gâchis", a accusé samedi dans un communiqué Rama Yade, ex-ministre de Nicolas Sarkozy et épouse de Joseph Zimet, déplorant qu'"encore une fois", le gouvernement ait "plié face aux injonctions de l’extrême droite". Dans un texte Facebook, partagé plus de 34.000 fois, le rappeur a souligné que son grand-père avait combattu pour la France en tant que tirailleur sénégalais et dit avoir "ressenti une immense fierté lorsque l'on a fait appel à (lui) pour participer à un concert en marge de la commémoration de la Bataille de Verdun".

Il y dénonce également les propos "d'une extrême violence" tenus à son égard.

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