Présidentielle 2017 : la fronde en marche

De gauche à droite : Arnaud Montebourg, Gérard Filoche, Marie-Noëlle Lienemann, Christian Paul, Benoît Hamon. [© XAVIER LEOTY / AFP]

Plusieurs voix au PS rêvent d’une candidature unique pour l’an prochain. Reste à convaincre l’ensemble de la gauche, qui demeure divisée.

La contestation s’organise. Entre la fête de l’Humanité à Paris et l’Université d’été des frondeurs à La Rochelle, le week-end a été particulièrement chargé pour la gauche de la gauche. 

Rassemblés par une même volonté de peser dans les débats après un quinquennat mouvementé, les élus partagent le même désaccord vis-à-vis de la politique menée par le gouvernement. Alors que le calendrier s’accélère, l’opposition affine sa stratégie et entend redistribuer les cartes, en vue de 2017.

Une volonté affichée d’unité

Force est de constater qu’il existe non pas une gauche mais des gauches, entre les contestataires au sein du PS, Europe Ecologie les Verts, le Parti Communiste ou encore Jean-Luc Mélenchon. Les frondeurs du Parti socialiste ont donc appelé, ce week-end à La Rochelle, à l’union des forces, en organisant «une grande primaire de toute la gauche et des écologistes». Une idée déjà avancée en janvier dernier par des personnalités de la société civile.

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«Si rien ne change, la gauche française sera effacée de l’élection présidentielle, absente du second tour», avancent les membres de l’aile gauche du PS. L’objectif est donc électoral, à l’approche de 2017, mais aussi stratégique. Pour les frondeurs, il s’agit de porter le plus loin possible la contestation de la politique menée depuis 2012. «Le problème de ce quinquennat a bien été le fossé entre le discours et les actes», a ainsi estimé leur chef de file Christian Paul, dimanche, au JDD, regrettant l’abandon par la majorité de plusieurs engagements, comme l’interdiction des activités bancaires dans les paradis fiscaux.

Concernant le projet de l’aile gauche du PS, les frondeurs veulent donner plus de poids à la parole citoyenne, par le recours au referendum. Autre projet symbolique : ils souhaitent supprimer l’article 49.3, arme constitutionnelle dégainée à plusieurs reprises ces dernières années pour le vote de la loi Macron ou de la loi travail. Deux textes qui avaient provoqué l’ire de la gauche de la gauche.

Un compromis bien difficile

L’idée d’une candidature unique ne fait pas encore l’unanimité. Elle a d’ailleurs été rejetée en bloc par Jean-Luc Mélenchon, qui partira seul. De son côté, EELV a prévu d’organiser une primaire interne pour désigner son candidat directement au premier tour de la présidentielle.

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Y compris du côté de l’aile gauche du PS, l’unité semble fragile. En effet, le socialiste Gérard Filoche, farouche opposant à François Hollande, s’est déclaré candidat à une primaire «de toute la gauche et des écologistes». De leur côté, Marie-Noëlle Lienemann et Benoît Hamon participeront à la primaire PS de janvier.

Reste, enfin, Arnaud Montebourg, qui s’est montré plus réservé. «J’ai besoin de garantie sur la loyauté», a-t-il ainsi fait valoir dimanche. Le conseil national du PS se réunira d’ailleurs le 2 octobre pour fixer les conditions de l’organisation du scrutin.

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